Le salaire minimal sera une proportion ou une fraction de Rs 12 800, soit l’estimation du salaire médian pour 2017, contre Rs 12 500 en 2016. C’est ce qu’a déclaré ce matin le président du National Wage Consultative Council (NWCC), Beejaye Coomar Appanna, lors d’un point de presse, avant d’ajouter que les recommandations du conseil tiendront compte du coût de la vie jusqu’à décembre 2017, la proportion du gâteau national par employé, le salaire moyen et la valeur du salaire minimal en dollar PPP. Selon Beejaye Appanna, des 408 000 employés de l’île, 20 000 touchent actuellement moins de Rs 3 500, 40 000 (incluant les 20 000) touchent moins de Rs 5 000 et 100 000 moins de Rs 8 000.
Beejaye Appanna a précisé qu’il est à ce stade prématuré d’avancer un chiffre concernant le salaire minimal. « La loi prévoit que le National Minimum Wage (NMW) doit être une proportion du salaire moyen. » Donnant une définition du salaire médian, le président du NWCC a expliqué qu’il s’agit du salaire divisant le nombre de salariés en deux moitiés. « Statistics Mauritius a estimé le salaire moyen à Rs 12 500 en 2016, ce qui veut dire que la moitié des employés de l’île perçoivent moins de Rs 12 500 et l’autre plus de Rs 12 500. » En somme, des 408 000 employés, 204 000 se situent au-dessus du salaire moyen et 204 000 autres en dessous du salaire moyen. Le défi du NWCC sera, dit-il, de calculer « le pourcentage de ce salaire moyen, qui pourra améliorer le niveau de vie des employés sans causer de pertes d’emplois ».
Le salaire minimal dans la loi actuellement, dans la zone franche, est de Rs 4 936. S’agissant de l’entrée en vigueur des recommandations du NWCC, le président indique que d’après la loi, « nous avons un an » à partir de la constitution du conseil. « Nous pensons donc soumettre les recommandations avant la fin de l’année pour qu’elles puissent être implémentées à partir du 1er janvier 2018. »
Le président a souligné que le NWCC est un conseil tripartite comprenant sept représentants d’employeurs avec droit de vote, sept représentants d’employés avec droit de vote, sept représentants du ministère avec droit de vote, deux représentants de consommateurs, deux académiciens, un représentant du PRB, un autre du NRB et Statistics Mauritius de même qu’un Executive Director à la tête du board. La mission du conseil, selon Beejaye Appanna, est d’introduire un salaire minimal national et de le revoir en 2020 et, à partir de là, tous les cinq ans. Par ailleurs, il doit déterminer un salaire mensuel pour les employés à plein-temps et un salaire pour ceux à temps partiel.
Il devait préciser que le National Minimum Wage et le salaire minimum vital sont deux choses différentes. « Le salaire minimal est le salaire le plus bas qu’un employeur peut donner à son employé d’après la loi. Personne n’a le droit de payer moins, sauf là où il y aura des “transitional provisions”. L’employeur peut être un industriel, un planteur, un propriétaire d’école ou un chef de famille qui emploie un jardinier. »
Le NWCC a mis en place plusieurs comités techniques en vue d’étudier des problèmes spécifiques. Ainsi, un comité se penche sur l’effet de l’introduction du salaire minimal sur l’emploi et sur l’investissement, un autre sur les secteurs à problèmes – comme l’agriculture, le business et l’industrie – et un autre sur ceux étant payés à la pièce ou encore sur les travailleurs étrangers percevant une allocation pour le loyer. Beejaye Appanna a de plus expliqué que plus le salaire minimal est fort, plus grand sera le risque de perte d’emploi pour certains, notamment ceux touchant le moins. « Par exemple, si un entrepreneur emploie deux personnes avec un salaire de Rs 3 500 et que le salaire minimal est de Rs 8 000. »
Selon le président du NWCC, « la loi dit qu’il faut une proportion du salaire moyen », estimé à Rs 12 800 pour 2017. « Quand nous regardons l’Angleterre, le salaire minimal est estimé à 60% du salaire moyen du pays en 2020 alors qu’en France, c’est 61%. Nombre de pays observent de 35% à 60% du salaire moyen pour le calcul du salaire minimal. Nous sommes en train de voir comment cela se fait un peu partout. » Outre le pourcentage du gâteau national par employé sera aussi prise en considération la valeur du salaire minimal en dollar PPP (Purchasing Power Parity), « qui consiste à calculer combien de roupies il faut pour acheter un dollar de produits aux Etats-Unis ». Concernant les secteurs ne figurant pas dans le Remuneration Order, « nous demanderons au bureau des statistiques de s’y pencher ». Enfin, quant à savoir si un salaire différent pour ceux rémunérés par heure encouragera certains employeurs à payer leurs travailleurs sur une base horaire, le président du NWCC indique que « de par la loi, nous devons proposer un “hourly rate” positif ».