Le National Wage Consultative Council Bill sera au centre de la rencontre entre le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, et les fédérations syndicales, demain. La deuxième lecture du projet de loi à l’Assemblée nationale étant annoncée pour mardi prochain, les dirigeants syndicaux s’attendent à en connaître les amendements. Ils ont déjà prévenu qu’ils ne siégeront pas sur le conseil si la compensation salariale est remise en question. Un appel à l’unité syndicale est également lancé.
La présentation en première lecture du National Wage Consultative Council Bill à l’Assemblée nationale il y a deux semaines a provoqué la colère des syndicats car le ministre leur avait promis une ébauche du projet de loi avant cette étape. L’amalgame entre la compensation salariale et le salaire minimum est l’une de leurs grandes déceptions. Ils y voient une tentative du patronat de remettre en cause la compensation annuelle et les Remuneration Orders. Différents syndicats et confédérations ont jusqu’ici écrit au ministre du Travail et proposé des amendements au projet de loi.
La rencontre de demain réunira les dirigeants de différents bords. Atma Shanto, de la Fédération des travailleurs unis (FTU), qui avait écrit au ministre à ce sujet, se réjouit de cette réponse positive. « Jusqu’ici, le ministre a reçu plusieurs syndicats et confédérations séparément. Il était important qu’il réunisse le bloc syndical pour évoquer les amendements. Jusqu’ici chacun a fait des propositions, mais nous ne savons pas ce qu’il compte retenir. Comme nous l’avons mentionné dans notre lettre, il est nécessaire que nous soyons au courant de ces amendements avant la présentation en deuxième lecture. Car la dernière fois, nous n’avions pas eu une copie du draft, contrairement à ce qui avait été promis lors des discussions ».
Atma Shanto insiste également sur l’unité syndicale concernant ce dossier. Suite à une démarche personnelle, il a pu réunir différents mouvements, dont la Federation of Private Support Service Union, la Confédération des travailleurs du secteur privé, la Confederation of Free Trade Unions, le Trade Union Consultative Council, la Federation of Progressive Union, la Fédération des travailleurs unis, la Federation of Democratic Union, le Mauritius Trade Union Congress et la Federation of Parasatal Bodies and Other Unions. « J’avais écrit à toutes les confédérations, demandant aux dirigeants de mettre de côté nos différends pour cette cause si importante. Certaines ont répondu et d’autres pas. Je réitère mon appel pour l’unité syndicale ».
« Un projet de loi dicté par les patrons »
Toujours est-il que les différentes confédérations ont émis plus ou moins les mêmes propositions d’amendements au projet de loi. La GWF-JNP-CSG Solidarité a soumis un mémoire de 27 pages avec un rappel historique des conditions de travail dans le pays, allant de la période post-indépendance, à la promesse électorale de Lalyans Lepep pour l’introduction du salaire minimum. Les différentes tentatives d’interdire le droit de grève et l’adoption des nouvelles lois du travail en 2008 y sont décrites comme les moments les plus difficiles. Ce regroupement syndical regrette également que depuis l’annonce des discussions pour un salaire minimum, des représentants du patronat ont signifié la nécessité de revoir la compensation salariale et les Remuneration Orders. Ce qui les pousse à dire que le projet de loi a été « dicté par les patrons du secteur privé et les agences comme le FMI et la Banque mondiale ».
GWF-JNP-CSG Solidarité propose ainsi 12 amendements au National Wage Consultative Council Bill, parmi lesquels : revoir la méthode de calcul du salaire minimum, exclure la compensation salariale du projet de loi, revoir la notion young worker/young person pour éviter la discrimination, revoir le hourly rate, la nécessité d’avoir des représentants des trois composantes du conseil pour avoir le quorum, les pouvoirs du ministre et le financement du conseil.
On retrouve plus ou moins les mêmes préoccupations chez la FTU et ses alliés. La clause de confidentialité, le comité tripartite, les pouvoirs du ministre et le hourly wage sont parmi les préoccupations. Le collectif finalise ses demandes afin d’harmoniser les propositions des différentes fédérations et confédérations.
Dans tous les cas, les dirigeants syndicaux ont déjà fait valoir qu’ils ne siégeront pas au conseil sur le salaire minimum si la compensation salariale n’est pas exclue du projet de loi et le comité tripartite maintenu.