Les débats sur le National Wage Consultative Council prendront fin demain et seront marqués par les interventions du leader de l’opposition, Paul Bérenger, et du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, avant que le ministre du Travail, Sudesh Callichurn, ne résume les débats. Parmi les principaux orateurs qui sont intervenus hier figuraient Pritvirajsing Roopun, Danielle Selvon, Soomilduth Bholah, Shakeel Mohamed, Ravi Rutnah, Roubina Jadoo-Jaunbocus, Sangeet Fowdar et Alan Ganoo.
L’ancien ministre du Travail et chef de file du Parti Travailliste (PTr) au Parlement, Shakeel Mohamed, a insisté sur la nécessité de « mettre de côté les différences politiques » car la question du salaire minimum est une « préoccupation nationale » qui « dépasse les considérations purement politiques ». Pour lui, il est important « d’inscrire le texte de loi dans un contexte historique ». Shakeel Mohamed s’est dès lors longuement appesanti sur la grève générale de 1937, soit une année après la création du PTr, qui a été « un élément important dans la mesure où elle marque le début de la lutte des travailleurs ». Il a ensuite rendu hommage au travail abattu par toutes les institutions créées depuis cette époque pour protéger les travailleurs. « Toutes ces institutions portent le sceau du PTr », a-t-il soutenu avant de rendre hommage au Dr Maurice Curé, Emmanuel Anquetil, Guy Rozemont et Pandit Sahadeo, entre autres, « pour leur rôle joué dans l’avancement de la cause des travailleurs ».
Shakeel Mohamed a aussi fait mention des législations du travail qui ont été adoptées en 1975, 1977 et dans les années 1980. À cet effet, il a salué le leader de l’opposition, Paul Bérenger, pour sa contribution durant toutes ces années aux mouvements des travailleurs. Le chef de file du PTr à l’Assemblée a observé qu’il y a eu des critiques formulées contre Paul Bérenger concernant son rôle à cette époque, « mais c’est lorsqu’on occupe les fonctions de ministre du Travail qu’on se rend compte des résultats de son action ». Et d’insister sur le fait que « le leader de l’opposition a marqué l’histoire ».
Shakeel Mohamed a également rendu hommage à « la contribution de sir Anerood Jugnauth à la lutte des travailleurs ». Et de déclarer qu’« il est formidable de voir ceux qui ont été aux côtés des travailleurs pendant des années se retrouver à la direction du pays à un certain moment ». Shakeel Mohamed a aussi félicité le ministre Sudesh Callichurn pour le travail « abattu par l’équipe du ministère du Travail et lui-même pour défendre les travailleurs ».
Concernant le texte de loi, le chef de file du PTr à l’Assemblée a estimé que le gouvernement « aurait dû créer deux comités » : le premier « pour discuter du principe du salaire minimum » et le second, qui devrait, selon lui, être un comité technique dans lequel siégeraient des techniciens de haut niveau. Shakeel Mohamed a souhaité que le nouveau conseil sollicite des experts britanniques ayant travaillé sur la question du salaire minimum. Avant de demander une réorganisation du NRB et du PRB.
Pour sa part, Ravi Rutnah a estimé que « la lutte des travailleurs remonte aux années 1860 » et a rappelé celle menée par les coolies. Dans cette optique, il a évoqué le travail abattu par Deplevitz en faveur des travailleurs. Par ailleurs, Ravi Rutnah a reproché à Shakeel Mohamed d’avoir « habilement évité » de parler de sir Seewoosagur Ramgoolam et de Navin Ramgoolam, « ce qui lui a permis d’éviter d’évoquer l’introduction de l’IRA et de la POCA », a-t-il soutenu. Ravi Rutnah devait également souligner l’engagement de Paul Bérenger aux côtés des travailleurs. Toutefois, il a affirmé que la déclaration du leader du MMM à l’effet que « la SMF pa la pou nouri titaba » lui est restée « en travers de la gorge ».
Alan Ganoo a, de son côté, axé son intervention sur l’importance d’un consensus et sur celle de l’indépendance ainsi que de l’autonomie du National Wage Consultative Council. Le président du Mouvement Patriotique a insisté auprès du ministre du Travail pour qu’il continue à discuter avec les travailleurs car, « pour un texte de loi aussi important, il est primordial qu’il y ait un consensus avec les travailleurs ». Alan Ganoo estime également que le ministre aurait dû laisser les syndicats libres de choisir leurs représentants sur le conseil.
Il a par ailleurs félicité le ministre pour avoir enlevé le comité tripartite chargé de la compensation annuelle des salaires, considérant que « ce comité est important pour la stabilité sociale du pays, même si les syndicats ne sont jamais totalement d’accord avec sa décision ». Alan Ganoo trouve « dommage » que le ministre du Travail ait autant de pouvoirs d’intervention dans le travail du comité consultatif. « Il est vrai que c’est le cas pour plusieurs “statutory body”, mais le comité consultatif sur les salaires n’est pas un comité comme les autres. Il aurait dû avoir confiance totalement dans ses propositions et ne pas donner la possibilité au ministre de remettre en cause certaines mesures proposées », a-t-il insisté.
Pour leur part, Sangeet Fowdar et Roubina Jadoo-Jaunbocus ont tous deux parlé en faveur du texte de loi. Il est revenu à la ministre Aurore Perraud de demander l’ajournement des débats avant que le Premier ministre ne réclame l’ajournement du Parlement à 11h30 demain.