L’Association des victimes de la Sale by Levy (AVSL) a réuni samedi une cinquantaine d’emprunteurs qui font face à des difficultés pour conserver leurs biens immobiliers. Animant cette rencontre, Salim Muthy a fait appel au vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval pour qu’il réactive le fonds créé par le gouvernement en 2007, afin que la somme d’argent qui reste puisse venir en aide aux emprunteurs méritants.
Salim Muthy n’exclut pas de recourir à une quatrième grève de la faim si les autorités font la sourde oreille aux problèmes de ceux qui ne peuvent honorer leurs engagements auprès des institutions de financement. Le porte-parole de l’AVSL admet toutefois que le Premier ministre Navin Ramgoolam a aidé plusieurs familles à garder leur maison en rappelant le Parlement en janvier 2007 en vue de faire voter la Protection of Borrowers Act.
L’animateur de la rencontre de samedi soutient que certaines personnes éprouvent toujours des difficultés à rembourser leurs emprunts. Deux raisons font qu’elles se retrouvent dans cette situation : selon la Protection of Borrowers Act, les personnes ayant contracté des dettes avant 2007 ne sont pas concernées et seuls 47 des 257 cas qui ont été soumis à la commission instituée pour revoir les conditions attachées aux emprunts bancaires ont été satisfaits.
« Ena la bank ki aplik touzour ban lintere ki touf dimoun », lance Salim Muthy. Le porte-parole de l’AVSL a cité à titre d’exemple le cas d’une personne ayant fait un emprunt de Rs 100 000 et dont les dettes s’élèvent aujourd’hui à Rs 700 000. Il suggère ainsi la nomination d’une Ombudsperson pour les banques afin d’entendre les doléances des clients.
Le porte-parole de l’AVSL invite ceux ayant des problèmes à honorer leurs engagements à mettre de côté leur orgueil.
Salim Muthy a également évoqué le cas d’un chauffeur de taxi dont l’épouse lui avait passé certaines remarques. En sortant de chez lui pour aller se changer les idées, cet habitant de Poste-Lafayette avait été verbalisé par un policier. « C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a préféré se suicider plutôt que d’essayer de résoudre ses problèmes. »