Au sein de Los Negros, Salomé Rose et Patrick Bisnau ont décidé de remettre le sega tipik au goût du jour. Après le lancement de leur album à l’IFM les deux tatoueurs travaillent sur la mise sur pied d’une structure d’encadrement pour les ségatiers. Scope les a rencontrés tandis qu’ils complétaient une nouvelle composition.
Tout en haut de la terrasse d’un appartement du troisième étage qui surplombe la mer bleue de Pointe-aux-Sables le chant d’une ravanne résonne. La voix de l’instrument est claire, forte et son rythme est soutenu. Salomé Rose a fait ses débuts au piano durant son enfance, puis est passée au saxophone ténor durant son adolescence. Outre des spectacles dans le circuit hôtelier avec l’Atelier Mo’Zar, elle a aussi représenté Maurice à Paris pour une campagne promotionnelle. La musique, elle connaît. Les roses et les lianes qui lui couvrent tout le bras s’animent. Au gré des frappes elle dicte le rythme de cette chanson dont elle écrivait les dernières paroles il y a quelques minutes à peine à l’ombre de la tôle de la terrasse. Patrick Bisnau prend le cahier et attend le bon moment : “To lamor mo papa se enn leritaz ki to inn laisse/Zoli risses to inn kite”, chante-t-il tandis que le rythme commence à s’accélérer. D’une voix puissante il arrive au refrain : “Mandela mo papa, Mandela nou papa.” On taira le titre en attendant les réajustements et les réarrangements de cette prochaine chanson de Los Negros qui sera jouée sur scène le 5 décembre pour le deuxième anniversaire de la mort de Madiba. Pour le deuxième titre qu’ils lui consacrent, Salomé Rose et Patrick Bisnau ont décidé de s’y prendre tôt. Cet autre hommage aux accents tipik portera aussi en lui le souffle d’une musique qu’ils espèrent faire revivre. Le lancement de leur premier album Balkoulou lors de la Sware Sega Tipik à l’IFM il y a deux semaines a été une première étape de franchie.