Comme souvent à Maurice dans le cas d’événements culturels rares, le public – bon public – sauve la mise. Malgré le Maha Shivaratree qui a certainement privé Confluences d’une bonne partie de ses visiteurs au moins pendant les trois premiers jours, cette première édition du Salon international du livre a connu une affluence rassurante du moins pendant le week-end. Les deux premiers jours, le Swami Vivekananda Centre à Pailles a surtout reçu les élèves des écoles primaires et des collèges qui ont joué le jeu, les allées devenant relativement désertes après les heures de cours. Toutefois, à l’issue du salon les échos recueillis à chaud auprès de quelques exposants étaient relativement positifs. Auteurs, éditeurs et représentants du monde éducatif s’accordent pour dire que cette expérience n’aura d’intérêt que si elle est proposée au public de manière soutenue et régulière.
À l’heure où nous bouclons notre édition, les organisateurs n’étaient pas en mesure de nous donner les chiffres de fréquentation de Confluences, donnée relativement difficile à évaluer en l’absence de billet d’entrée pour ce salon gratuit. Beaucoup de libraires qui avaient leur emplacement dans l’espace commercial sur salon paraissaient satisfaits des ventes de livres qu’ils ont pu faire, celles-ci ayant souvent été stimulées par le bruit qui était fait dans le salon autour de tel ou tel auteur.
Un éditeur était quant à lui moyennement heureux des ventes et contacts que ce salon lui a apporté tandis qu’un autre, très enthousiaste, qui a lancé sa maison à Maurice il y a quelques années, estime que ce salon lui a apporté des contacts avec les nombreux professionnels du secteur comme il ne lui en a jamais été possible d’obtenir jusqu’alors. En ce qui concerne le public, il a notamment remarqué qu’une partie des gens avec lesquels il a eu l’occasion d’échanger ne fréquentaient pas les librairies habituellement. Si cette donnée était confirmée par un sondage que les organisateurs auraient pu commander à l’occasion de cet événement, cela signifierait que des événements de ce type peuvent toucher de nouveaux lecteurs. Quant à ceux qui se déplacent dans les librairies pour autre chose que la papeterie et les manuels scolaires, ils ont pu profiter des réductions de prix qui étaient proposées sur de nombreux stands.
L’habitude de lire se prenant le plus souvent dès le plus jeune âge, l’implication des écoles était fondamentale ici. À ce titre, on pourrait regretter qu’elles n’aient eu que deux jours scolaires pour faire leurs visites compte tenu de la forte population estudiantine du pays. Nous savons pour l’heure que 18 écoles primaires et 32 écoles secondaires ont amené une ou plusieurs de leurs classes jeudi et vendredi. Il est clair que durant ces deux jours, les allées du salon étaient surtout marquées par la présence des uniformes scolaires et par la jeunesse et la vivacité du public. L’après-midi, alors que les écoles fermaient leurs portes, le salon devenait étrangement désert. L’affluence a repris vigueur samedi et dimanche, et l’on a vu des visiteurs retardataires arriver hier encore alors que les responsables de la sécurité en fermaient les portes comme prévu à 15 h 30.