Editiel Communication a organisé la première édition du Salon de la jeunesse et des sports ce week-end au Centre du Freeport à Mer-Rouge. L’objectif : réunir les jeunes sous un seul toit pour découvrir des produits liés à toutes leurs activités favorites. Six pôles thématiques étaient proposés par une trentaine d’exposants : sports et loisirs, vitalité et santé, éducation, carrières, arts et culture et enfin technologies et lifestyle. Mais pour nombre de jeunes, loin de tenir ses promesses, le salon s’est avéré une déception, leur semblant plus pour « les vieux » que pour eux. À l’exception de quelques stands, les activités proposées s’adressaient plus à un public adultes, selon des jeunes interrogés dimanche.
Le salon, qui a bénéficié du soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, a surtout connu un bon response à l’extérieur, où étaient organisées des démonstrations de disciplines sportives, dans un village sportif de 1 000 m2. Quinze fédérations ont ainsi pu donner des informations sur leur discipline et ainsi encourager un maximum de jeunes à s’investir dans un sport. Pour Jordan, élève de la Kyokushinkai Martial Arts Federation, ce salon est une bonne initiative du côté purement sportif : « Tout le côté sport est très bien fait, chaque fédération a pu faire une démonstration de sa discipline et je dois dire que beaucoup de jeunes s’y sont intéressés. Du côté des expositions du salon, par contre, je n’ai pas vu beaucoup de jeunes aller voir, tous sont assez déçus. Ils disent que c’est plus leurs parents qui viennent voir le salon, eux ils s’intéressent seulement aux activités sportives et démonstrations que nous avons faites », nous explique-t-il. Des démonstrations de sports de rue et de combat étaient aussi au programme et c’est à ce niveau que l’on notait une bonne affluence. Chaque heure, l’Unité antidopage du ministère animait une causerie d’une dizaine de minutes. Le public pouvait également voir les récompenses de ceux qui ont brillé dans le domaine sportif. Annabelle, une jeune passionnée de boxe, a trouvé son bonheur : « J’adore la boxe et j’ai souvent cherché des occasions d’en faire. Mais je ne savais pas où aller et je ne voulais pas y aller seule. Dans ce salon j’ai trouvé un club de boxe où j’ai pu rencontrer des jeunes qui y sont déjà ainsi que l’entraîneur. Je suis contente car je vais pouvoir m’inscrire. »
L’exposition, une déception pour certains jeunes
Si le côté sportif a été une réussite, l’exposition, elle, a semblé décevoir ceux qui attendaient des innovations en termes de technologie : « Je suis déçu car il n’y a rien qui soit vraiment dédié aux jeunes. Nous, nous aimons la technologie et il n’y a pas de stands de technologie, avec des Playstation, par exemple. C’est assez limité. Je m’attendais à des promotions sur les tablettes, portables ou laptops. Mais il n’y a rien de tout ça. Toutes les choses que je vois ne m’intéressent guère. Je suis venu avec un groupe d’amis et nous ne sommes pas restés longtemps. Peut-être une vingtaine de minutes… En venant je pensais voir des innovations mais je repars bredouille », nous explique Brian, entouré d’un groupe d’amis. Plus loin, à un stand qui propose des parfums et des crèmes, Shameema, une jeune étudiante de l’Université de Maurice, ne cache pas sa déception : « Ce salon est très bizarre ! Je suis devant des produits de beauté mais qui n’ont rien à voir avec mon âge… A quoi vont me servir des crèmes anti âge ? Je n’ai que 22 ans. Je pense que ce salon n’est pas très au point ; à notre âge, nous nous attendons à des produits de jeunes, soit des crèmes pour les boutons, l’acné, pas des crèmes anti âge. De plus, les prix proposés ne sont pas abordables pour des jeunes, avec des parfums à Rs 3 000. Il y a de quoi être déçu. »
Les stands d’information sur la santé n’ont pas connu une grande affluence, mis à part les parents qui se laissaient tenter par les tests et dépistages gratuits proposés par les associations. Dans un stand de prévention et secourisme, Sarah avoue : « Il y a très peu de jeunes qui se sont intéressés à notre stand et cela est pareil pour beaucoup de stands d’informations. Ce sont beaucoup plus les parents qui sont venus en masse s’informer. » Plus loin, nous retrouvons deux soeurs qui attendent sagement leurs parents : « Nous avons voulu venir car nous pensions voir des activités et des stands beaucoup plus “fun”, mais nous avons été déçues de voir que c’était très limité, il n’y avait rien pour les jeunes à la recherche d’emplois, rien pour les jeunes en quête de technologie… Même pour nous les filles il n’y avait qu’un stand sur tout ce qui est  coiffure et esthétique. Nous nous attendions à avoir plein de choses mais nos parents ont plus trouvé chaussure à leur pied que nous. Je pense qu’il est important de faire un salon pour les jeunes mais il faudra revoir la formule. »
Les organisateurs songent déjà à une deuxième édition, probablement en août 2014.