e salon de la Santé et du Bien-être s’est déroulé ce week-end au centre Swami-Vivekananda à Pailles. L’initiative avait pour but d’informer le public sur les mesures préventives contre les maladies courantes à Maurice. Le ministère de la Santé a ainsi voulu sensibiliser la population mauricienne sur les maux tels que le cholestérol, le diabète, les maladies coronariennes ou encore le cancer. Plusieurs organisations étaient au rendez-vous, telles que Ti Diams, Link to Life et Patel Optics, entre autres.
Selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, la première cause de décès à Maurice est liée aux maladies cardio-vasculaires qui causent une mort sur trois, soit 31 % des cas (31,4 % en 2012). Les mêmes statistiques démontrent une baisse de 6 % du nombre de personnes hospitalisées pour des problèmes cardiaques depuis 2005. Cela ne sous-entend néanmoins pas que les Mauriciens sont à l’abri. « Les cinq maladies cardio-vasculaires les plus répandues sont l’infarctus du myocarde et l’angine de poitrine, l’accident vasculaire cérébral (AVC), les cardiomyopathies, l’insuffisance cardiaque et les troubles du rythme cardiaque. Ici, nous avons beaucoup de cas d’artère bouchée, mais nous avons les équipements nécessaires pour aider nos patients », explique un des officiers du ministère de la Santé. Différents facteurs mènent aux maladies cardio-vasculaires. « À Maurice, le stress ou encore l’obésité jouent beaucoup sur la santé des gens », relève une infirmière présente au salon. Elle soutient d’ailleurs que l’accent est mis sur ces deux facteurs lors des programmes de sensibilisation.
Le dépistage du diabète était également au centre de ce salon. Basée sur les chiffres du ministère de la Santé, Mahen Bheekee, Managing Director de Gi’s Pharma Ltée, indique qu’une personne sur quatre peut mourir d’une complication liée au diabète. Maurice se situe d’ailleurs parmi les premiers pays d’Afrique atteints par le diabète de Type 2, qui est causé par une origine génétique ou des facteurs environnementaux tels que l’alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique. De ce fait, les experts santé présents ont prôné une règle spécifique : « Prendre conscience des dangers auxquels les personnes peuvent faire face si elles ne se préoccupent pas de leur santé ». Le diabète de Type 1, qui touche lui une faible partie de la population, a comme symptôme une soif intense, des urines abondantes et un amaigrissement rapide. Selon Mahen Bheekee, environ 23 % des Mauriciens ont été diagnostiqués comme ayant le diabète. Presque la même quantité de personnes ont le diabète sans le savoir.
La précaution à prendre, tant pour le diabète de Type 1 que celui de Type 2, est un mode de vie équilibré. Manger sainement, faire des exercices régulièrement et mener une bonne hygiène de vie, tout en réduisant la consommation d’alcool et de cigarettes. Si toutefois le patient ne contrôle pas comme il se doit son diabète, les risques de complications sont plus élevés. « Avoir le diabète ne veut pas dire tout couper, mais plutôt rééquilibrer ». Pour ce qui est du diabète de Type 1, touchant principalement les enfants, le Dr Pravesh Guness, de l’organisation non-gouvernementale Ti Diams, explique qu’il n’existe pas de prévention contre cette maladie. Selon le médecin, environ 500 enfants en sont atteints, devant ainsi suivre un traitement quotidien à l’insuline.
Si le nombre de personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires est en baisse, les cas de cancers, quant à eux, ont augmenté. La présidente de Breast Cancer Care, Shamima Patel-Teeluck, révèle que quelque 1 700 cas de cancer sont découverts par an. Parmi, 45 % concernent le cancer du sein. Les facteurs causant cette maladie résultent le plus souvent de causes génétiques, d’une alimentation remplie d’hormones, lorsqu’une femme n’a pas allaité ou n’a pas enfanté. De plus, le risque est plus élevé chez la femme qui a eu ses règles tôt. « Les hommes aussi sont touchés par ce type de cancer dont le nombre représente environ 2 à 3 % des 45 % ».
Le cancer est l’une des premières causes de mortalité à Maurice, indique Shamima Patel-Teeluck. Cette maladie silencieuse montre difficilement des symptômes et lorsque le cancer est finalement identifié, il est souvent trop tard, c’est-à-dire qu’il est déjà en phase terminale. « Dès lors que le patient est conscient de cette maladie, il change son mode de vie en adoptant une vie saine et essaye de faire plus attention à sa santé. La bonne volonté du patient aide énormément à la guérison ». La présidente de Breast Cancer Care explique cependant que le cancer touche les personnes de tout âge, même si les cas sont plus rares chez les enfants.
Durant le salon, plusieurs échoppes du ministère de la Santé étaient dédiées au VIH/sida. Les chiffres présentés dataient de 2013 et recensaient 5 682 cas de séropositivité. Parmi 1 208 sont des femmes. Le nombre total de séropositifs à Maurice avoisinerait cependant 10 700. « Plus de 5 000 personnes ignorent avoir contracté le VIH/sida », souligne-t-on. Depuis la propagation de drogues dures, telles que le Brown Sugar et l’héroïne, dans les années 80 à Maurice, 70 % des personnes vivant avec le VIH s’injectent ces produits illicites.