Le chanteur et musicien Richard Beaugendre revient sur scène samedi à 20 heures à l’Institut Français de Maurice (IFM) entouré de sept musiciens pour présenter son nouvel album. Après Letansa où l’auteur-compositeur chantait à la guitare en solo, il propose cette fois ses “13’or”, 13 chansons dans la continuité des précédentes pour lesquelles il a voulu une plus grande diversité stylistique. 13’or… trésor, le collector qui sera proposé à la sortie du concert, renferme dans un coffret surprenant non seulement un CD, mais aussi un DVD avec des clips…
Il fallait y penser, les boîtes de cire Evershine, Jewel, Brito – objets qui appartiennent aujourd’hui le plus souvent aux souvenirs d’enfance – peuvent se mettre au format d’un CD… Richard Beaugendre et ses amis ont fait de cette boîte en fer, dont la cire parfumait les maisons avant que les pavés ne remplacent parquets et stucs, un parfait objet de plaisir, une boîte à trésors où la musique et des clips remplacent la pâte aux senteurs de térébenthine. On pourrait aussi imaginer que le CD devienne demain aussi rare qu’un trésor tant il subit la concurrence de la musique en ligne.
Le public découvrira samedi soir les 13 nouvelles compositions pour ce concert de lancement à l’IFM. Le centre culturel a aussi mis ses ressources humaines à contribution pour documentaire de 26 minutes, dans lequel différents cadres de la représentation française expriment leur intérêt pour cet artiste. L’ambassadeur en personne, Jean-François Dobelle, y évoque notamment son authenticité et l’étendue de son registre vocal. Le médiathécaire Jean-Louis Boully, la directrice culturelle Amanda Mouëllic, l’ancien conseiller culturel Yves-Alain Corporeau, ainsi qu’un sponsor privé y donnent aussi leurs impressions, insistant notamment sur certaines parentés avec la country et Bob Dylan.
Le trompettiste de jazz Philippe Thomas qui a beaucoup travaillé avec Richard Beaugendre sur Sunbeam, son premier disque il y a quelques années, évoque quant à lui l’atmosphère propre aux créations de l’artiste. Claudie Ricaud du Conservatoire National où Richard Beaugendre enseigne, insiste, elle, sur le fait que ses chansons « font réfléchir sur la société actuelle tout en restant agréables ».
Mais pour se faire sa propre opinion, savoir si l’on préfère Sunbeam, Fléo la, Letansa ou 13’or, mieux vaut tenter l’expérience du live samedi soir qui permettra aussi de découvrir sur écran les clips créés pour illustrer ces compositions. La réalisation du CD et surtout des vidéos qui l’accompagnent ont requis un an de préparation. Si la musique est à la fois une histoire de famille et un gagne-pain pour Richard Beaugendre, lorsqu’il créé des chansons, il travaille particulièrement la musicalité de la langue cherchant « syllabe par syllabe », nous dit-il, les sons et notes qui viennent le plus naturellement.
Pour cette nouvelle phase de création, Richard Beaugendre explique avoir voulu rassembler « tout ce qu’il a reçu en héritage », ce qui parait évident avec la chanson Bann referans, dans laquelle il évoque les nombreux artistes qu’il admire. Cette boîte de cire dans laquelle l’artiste semble avoir voulu rassembler tout ce qui lui est cher offre 13 textes en kreol véhiculant son regard sur Maurice, certes avec une pincée de nostalgie, mais surtout avec un sens aigu du temps qui passe et qui transforme les êtres et les îles, apportant leur déceptions mais permettant aussi de forger de solides espoirs.