« Mortel Kamel », une expression qui lui sied bien tant ses tours de magie sont à couper le souffle. En deux représentations samedi au J & J Auditorium, Phoenix, l’une à 14 heures et l’autre à 20 heures, le médiatique magicien Kamel en a dérouté plus d’un. Maître de l’illusionnisme, il en a mis plein la vue aux spectateurs qui en sont ressortis interloqués et ébahis.
Pas d’habit de lumière sur scène, Kamel ne s’autorise que du noir et blanc, balançant en kreol : « Bonswar Moris, bonswar tou dimounn. Un Arabe qui parle kreol ça ne s’était pas encore vu. » Il se permet une blague, en saluant Ben Javed, directeur d’Event Creators, qui l’a invité chez lui en lui faisant découvrir le bomli : « Je vous jure, ça puait de partout. »
Farceur, Kamel Le Magicien interpelle les gens dans la salle, demande à une femme son adresse complète, fait venir sur scène un complice encagoulé et lui dit : « Pars vite à cette adresse ! » Puis il se tourne vers la spectatrice et dans un large sourire lance : « Bella, attention quand tu rentreras chez toi, tu n’auras plus rien. »
La salle rit de bon coeur et lui, profitant de ce moment, lance son spectacle bourré d’illusions qui affolent nos sens. De son carnet sur lequel il écrit le mot boule, sort une balle. Avec une subtile mise en scène et une musique de fond prenante, Kamel entame un moonwalk à la Michael Jackson. « Vous vous rappelez du chapeau que Jamel Debbouze avait perdu sur scène ? C’est moi qui l’ai », lance-t-il. Parmi ses tours, on notera ce grand microfour, où il s’installe avant d’en ressortir black.
Le magicien joue avec la loi du temps, de l’invisibilité et ne se prend à aucun moment au sérieux. Le public est dès lors invité dans son délire. Il fera danser Francesca, une spectatrice choisie au hasard dans la salle, à la manière de Jennifer Lopez, avant de lui en mettre plein la vue avec ses jeux de cartes.
Et pour soutenir ses numéros, défile un diaporama de photos de lui enfant, adolescent, de son école et de ce prof qui l’a encouragé à croire en ses rêves. À la fin, il évoquera le souvenir de sa grand-mère qui voulait partir en France pour voir tomber des flocons de neige et faire du scooter sur neige. Pour lui rendre hommage, il prendra des bouts de papier et un peu de poudre de perlimpinpin afin de créer cette illusion. Kamel parsème alors la scène de flocons de neige avant d’y faire apparaître un scooter. « Mais, comment fait-il ? » demande une spectatrice.
Les numéros étaient tous époustouflants. Kamel ne nous a pas fait le coup de l’homme coupé en deux, mais a emprunté un tour de son magicien préféré, Harry Houdini. Il a été menotté et enfermé au fond d’une malle avant d’en ressortir libre dans le temps indiqué. « Chaque fois que les gens me voient, ils disent Mortel Kamel, tu fais comment ? » Mais un magicien ne révèle jamais ses secrets.
Seul couac à ce spectacle, l’interdiction de filmer ou de prendre des photos, ce qui a quelque peu déplu à certains fans. Qu’importe, Kamel, sans fausse modestie, a tenu ses promesses en faisant s’interroger plus d’un. Le magicien a bien mérité sa standing-ovation.