Pendant un peu plus de 90 minutes samedi soir, tout le centre de conférence international Swami Vivekanada de Pailles était sous l’emprise du raï. Et pour cause puisqu’il a été le théâtre de la généreuse prestation de celui que l’on surnomme le « roi du raï », en l’occurrence le chanteur algérien Khaled.
L’excitation était déjà palpable à l’entrée du centre une heure avant le début du concert. Certains, malgré le fait d’avoir un billet numéroté, tentaient malgré tout de se faufiler dans la foule pour arriver en premier dans la salle. Un jeune, arborant avec fierté le drapeau algérien, donnait le ton de cette soirée, qui allait se dérouler dans une ambiance festive : « On va s’aimer, on va danser, oui, c’est la vie la la la la la… », pour reprendre les paroles de la chanson « C’est la vie », sortie en 2012.
Dès son apparition sur scène, Khaled enflamme la salle. Lui-même habité par l’esprit du raï, il n’a pas attendu longtemps avant de communiquer sa passion à ses fans qui, durant les trois premières chansons, ont tenté de se retenir en dansant sur leur chaise. Très vite, les traditionnels “youyous” des Maghrébines, présentes en grand nombre dans la salle, se sont fait entendre. Et la piste de danse s’est ouverte. Au début, timidement, sous le contrôle strict de la sécurité, mais au bout de trois quarts d’heures, tout le devant de la scène était sous l’emprise des danseurs. À l’unisson avec son public, Khaled a maintenu le dialogue avec lui. Tantôt à travers les chansons sorties de son répertoire d’une carrière riche de plus de trois décennies –  “El har be wani”, “Hiya, hiya”, “Sahra” ou encore “Wahrane”, morceau figurant sur l’album Khaled et qui rend hommage à Oran, sa ville natale – tantôt avec ses exercices de vocalises. La puissance et la limpidité de sa voix faisant trembler les coeurs. Avec son ensemble de neuf musiciens, installés sur une scène utilisée dans ses concerts à travers le monde, Khaled séduit aussi par sa virtuosité en tant qu’instrumentaliste, par sa simplicité et ses jeux de scènes : dansant, sautant, grimaçant et taquinant son public. « Laissez la tranquille ! » ou encore « Elle arrive Aicha. Aujourd’hui, on va lui faire de la misère », lance-t-il à ce public qui lui réclame sans cesse la chanson culte qui a fait le tour du monde et qui l’a propulsé au-devant de la scène, surtout française et européenne, à sa sortie. Il enchaîne avec d’autres titres, en arabe, qui sont repris en choeur par l’assistance, dont une valse maghrébine.
« Le raï, c’est une musique que l’on chantait à Oran, en Algérie, dans les familles, pour les mariages. Ce sont des chansons qui cassent les tabous. Ces chansons parlent d’amour, de sexualité. Elles mettent la femme en avant. C’est une musique pour faire la fête », expliquait-il dans une récente interview accordée à la presse française.
Khaled est aussi un citoyen du monde : « Je chante la paix dans le monde entier. Je suis un artiste qui représente le Mahgreb. Avec le raï, je chante l’amour et la paix », aime-t-il à dire. Ainsi, il n’a pas manqué de le prouver en brandissant, pendant quelques secondes, un drapeau palestinien que lui a remis un spectateur. Pour ce deuxième concert à Maurice, Khaled a clôturé la soirée avec “Aicha”.
La venue du roi du raï à Maurice est une initiative qui revient à Maya Events et Adjex Group of Companies.