15 ans après ce fatidique 21 février 1999, qui gardera une trace indélébile dans les mémoires des moins jeunes d’entre les Mauriciens, Culture Events a souhaité rendre hommage au père du seggae, Kaya, décédé ce jour-là alors qu’il se trouvait en cellule policière. Au-delà des polémiques entourant les causes du décès de cet artiste qui se range parmi les plus sensibles et les plus intenses que compte Maurice à ce jour, Kaya méritait amplement ce devoir de mémoire de la part de la scène musicale locale.
C’est une assistance clairsemée qui était présente au stade de Résidence Vallijee samedi soir. Sur scène, plusieurs artistes de calibre, dont les incontournables Otentikk Street Brothers (OSB), en quatuor ou en solo, Natir Samarel et Ras Minik et Kool Is I, mais aussi quelques pointures notables telles que Jah Wes, Small Axe ainsi que Révélation Nayabinghi Order, se sont succédé. Chacun a illustré ses talents et a été tout aussi sincère en reprenant des titres phares ou moins connus du répertoire du père du seggae.
Le clou de la soirée était évidemment la performance, honorable, du “fils de…”, Azariah Topize. Artiste encore au tout début de sa carrière, propulsé un peu malgré lui sous les feux des projecteurs, et quelque part condamné par le destin à reprendre le flambeau très puissant du défunt père, le fils de Kaya a ému. La veuve du symbole, Véronique Topize, était également présente pour rappeler que le seggae ne devrait pas mourir… Et les artistes présents ont confirmé que le rythme rendu populaire et éternel par Kaya résidera encore pour longtemps dans les tempos mauriciens.
Reste aux jeunes générations qui n’ont pas connu Lanpir iniversel, Soley ek bondye, Problem sosyete et autres Rebelyon l’Afrik (ser vant zanfan) de remplir leur devoir de citoyens…