Intervenant lundi dernier dans le cadre d’un “Side Event” de la 3e Conférence des Nations Unies sur les Petits États insulaires en développement (PEID), qui s’est tenue jusqu’à jeudi à Apia, aux Îles Samoa (un archipel de l’Océanie situé en Polynésie, dans l’océan Pacifique), le ministre mauricien de l’Environnement et du Développement durable a fait un vibrant plaidoyer pour que les PEID adoptent un mode de consommation et de production durable (CPD). Deva Virahsawmy a élaboré sur les réalisations de Maurice en la matière.
Deva Virahsawmy a prononcé le discours d’ouverture de ce “Side Event”, un colloque intitulé “Facilitating the transition to resource eficient and low carbon societies in Small Island Developing States (SIDS — PEID) : le Relevance of Sustainble Consumption (SCP-CPD) and Production for SIDS”. Il est intervenu en présence du Premier ministre des Samoa, Tuilaepa Lupesoliai Sailele Malielegaoi, du ministre de l’Environnement et des Drains du Barbados, Denis Lowe, du directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Achim Steiner, et d’autres personnalités venues des quatre coins du globe.
Le ministre mauricien a d’emblée souligné que la tenue de cette conférence est une « occasion pour les PEID de faire entendre leur voix » dans le concert des nations. Il a ainsi affirmé qu’il n’y a aucun doute qu’un mode de consommation et de production durable (CPD — voir encadré), plus qu’aucun autre processus, aidera les PEID à atteindre un développement durable à travers des attitudes et un mode de vie intelligents et “smart”. « Nous disposons désormais d’assez de preuves et de recherches qui démontrent, sans équivoque, que les pratiques d’un mode de CPD améliorent la productivité et l’efficience dans tous les secteurs de l’économie », a-t-il ajouté.
Pour mieux apprécier la pertinence du CPD pour les PEID, a poursuivi Deva Virahsawmy, il convient de rappeler les défis socio-économiques et environnementaux globaux auxquels ces petits états insulaires, dont Maurice, ont à faire face. Notamment le coût volatile des carburants et des aliments, des catastrophes naturelles plus fréquentes, tels les cyclones et les inondations, l’émergence de nouvelles maladies, une gamme d’impacts du changement climatique et une diminution graduelle des ressources, qui sont les moyens de subsistance des communautés.
« Pas étonnant par conséquent que les PEID réclament un changement de paradigme dans la manière dont le monde produit et consomme… D’autre part, les PEID ont la volonté politique et sont résolus à réussir leur transition vers des sociétés à faibles émissions (de gaz à effet de serre, Ndlr) et où les ressources sont utilisées de manières efficientes, toute en relevant les défis que posent les nouveaux concepts, tels l’économie verte », a affirmé l’orateur.
Dans ce contexte, le ministre a expliqué qu’à Maurice, le CPD est une priorité depuis la publication, en 2008, d’un National Programme on SCP. « L’importance du CPD pour notre pays a été rehaussée dans le projet Maurice-Île-Durable (MID), un programme holistique pour incorporer le CPD dans les processus de notre développement et qui nous assure un développement durable », s’est-il félicité.
Deva Virahsawmy a alors élaboré sur le détail de nos réussites dans le cadre de la mise en oeuvre de notre National SCP Programme. Ce programme, a-t-il poursuivi, décline 5 priorités. D’abord l’efficience énergétique par rapport à l’énergie, l’eau et les bâtiments écologiques, puis l’éducation et la communication pour promouvoir un mode de vie durable. Eensuite, la promotion de pratiques publiques durable. Quatrièmement, l’augmentation de l’offre et de la demande des marchés pour des produits durables. Et? enfin, l’élaboration d’un système de gestion intégrée des déchets et le recyclage. « La mise en place d’un Sustainable Public Procurement (système d’appel d’offres durable) et l’inclustion du CPD dans nos programmes scolaires sont les autres domaines où nous avons fait des progrès significatifs », affirme-t-il.
« La communauté internationale et nos partenaires doivent continuer à soutenir les PEID dans leurs efforts vers un développement durable, car cela va au-delà de la capacité d’un partenaire ou une institution. Un partenariat fort et la collaboration de la communauté internationale sont primordiaux pour réussir ! » a-t-il terminé.