Le leader du PMSD persiste et signe : si c’était à refaire, il le referait. Il s’opposera à toute tentative de l’empêcher de faire son travail. C’est ce que Xavier Duval a fait ressortir hier lors de sa conférence de presse, durant laquelle il est longuement revenu sur les incidents au Parlement mardi dernier. Incidents qui lui ont valu d’être sanctionné de deux séances parlementaires par la Speaker qui n’a pas apprécié qu’il refuse d’obéir à ses ordres. Pour le leader du PMSD, c’est pour le droit de la population qu’il proteste. Il respectera, dit-il, toute personne, quel que soit son poste, qui fait son travail honnêtement. « Mais mo pena oken respect pou dimoun ki pa fer so travay honnetement », dit-il.
Commentant d’abord les événements de mardi dernier à l’Assemblée nationale, le leader du PMSD a rappelé qu’il détient un poste constitutionnel dont la prérogative est la PNQ, garante de la démocratie parlementaire. « Je suis conscient de mes responsabilités et je ne me courberai ni devant la frayeur ni devant des faveurs.  Mo pa kapav laisse PNQ vinn enn boufonnade », dit-il. S’il a campé sur ses pieds mardi, refusant de s’asseoir sur les ordres de la Speaker, c’est parce qu’il était en colère, non pas pour lui, mais pour la population, à qui le gouvernement tente de cacher des choses. « Si mo laisse badine are PNQ, c’est ene grande partie de nou démocratie parlementaire qui pou disparet », dit-il. Selon lui, le ministre des Infrastructures publiques a usé du temps impartie à la PNQ pour élaborer pendant 24 minutes sur une question qu’on ne lui avait pas posée. Une réponse qui s’étale sur 12 pages, avance Xavier Duval, déplorant que Nando Bodha « finn fer nou perdi letan ». D’où sa colère : « C’est se foutre de la population. » Et son agacement relève de ce qu’il appelle « la complicité de la Speaker ». S’il avait à le refaire, il le referait, dit la leader de l’opposition qui explique son obstination à tenir tête à la Speaker et les propos tenus à l’encontre de Maya Hanoomanjee par le fait que « mo pena respect pou dimoun ki pa fer so travay honnêtement ». Pour lui, ce n’est pas le poste que l’on occupe qui commande le respect : « Pas parski ou jardinier ki mo bizin pa respecter ou. Mo respecter tou dimoun du moment ki li fer so travay honnetement », ajoutant au passage que « moi mo pa finn rod ale vann biscuit, vann terrain, ni mett mo zenfan dans corps para-étatiques. Mo pena pou baisse la tête ».
Dans le fond, la PNQ de mardi autour du Metro Express a démontré que le flou perdure sur ce projet, dit Xavier Duval. Cela a aussi montré que le projet du gouvernement Lepep est six minutes moins lent que celui présenté sous Anil Baichoo. Prenant les membres de son parti pour jouer le rôle et démontrer ses calculs, le leader de l’opposition — s’appuyant sur les données à l’effet que le métro comptera 6 personnes debout par mètre carré — déplore que contrairement aux places dans les autobus où sur 72 places il y a 60 places assises, le Metro Express comptera 225 places debout, soit 2/3 de ses passagers. Xavier Duval s’attarde également sur les deux études de faisabilité effectuées par la SCE, s’interrogeant sur la profitabilité de ce moyen de transport du fait que le nombre de passagers envisagés dans la première étude (160 000) a été réduit 53 000 dans la seconde.
Le PMSD absent du parlement mardi
Selon lui, le projet est profitable uniquement en tenant compte de la compensation allouée par l’Inde pour le faire. Or, dit-il, il aurait fallu demander aux Mauriciens ce qu’ils auraient souhaité avoir pour Rs 10 milliards. A son avis, le pays aurait eu un meilleur bénéfice si cet argent avait été investi dans un système d’autobus moderne. Évoquant le prix du ticket d’autobus qui grimpera parallèlement avec celui du métro, il déplore les dépenses pour les passagers, alors que le confort de voyage sera moindre. Outre le refus du gouvernement de rendre public le contrat avec Larsen & Taubro, le leader de l’opposition se dit choqué que le projet suit son cours, alors qu’aucune étude EIA n’a encore été effectuée.Prenant le métro d’Edimbourg comme exemple, il avance qu’il y a eu un projet de loi avant l’installation du métro, et estime que Maurice aurait dû faire de même, afin qu’il y ait une totale transparence sur ce projet d’envergure.
Commission d’enquête sur la drogue : « A qui profite le crime ? »
Revenant sur sa colère à l’Assemblée nationale, Xavier Duval avance qu’en dépit des circonstances exaspérantes, il est resté poli. « Mo pann zour personn », dit-il donnant la réplique au leader du MMM qui estime son acte « exagéré ». Il rappelle que c’est ce même MMM qui récemment disait que « Mme la Speaker est le pire Speaker de l’histoire parlementaire et est en train de bouffonner notre démocratie ». Cette prise de position du jour du MMM n’étonne cependant pas le PMSD, dit Xavier Duval. Actuellement, ajoute-t-il, nous nous retrouvons avec un MMM en mauvaise posture à Quatre-Bornes. Pour le PMSD, l’action des Mauves se résume à « quémander des votes additionnels du MSM au No 18 en prélude d’une alliance ».
Si les parlementaires du PMSD ne seront pas présents au Parlement ce mardi, ils seront actifs dans la circonscription No 18, où en début de soirée, le parti organise un congrès. « PNQ la-bas même nou pou fer », dit Xavier Duval, pour qui « le PMSD est le seul parti crédible à ce jour ». Selon lui, ses adversaires tentent de « blâme nou par association », mais le PMSD est un parti propre. Interrogé sur l’intention du député PTr Shakeel Mohamed de déposer une motion contre le ministre Bodha, Xavier Duval explique que cette motion prendra du temps à venir. Concernant la suggestion du chef de file du PTr au leader de l’opposition de présenter une motion contre le gouvernement avant la partielle au No 18, il répond que « c’est un peu normal de faire de la surenchère. Mais vu qui nous comprend qui Speaker en complicité ek ki le gouvernement ena 47 députés et nous 23 seulement, qui plus est divisés, nou bizin fer sa motion là avec le soutien de la population du 17 décembre ».
S’agissant des développements survenus après les interrogations et dépositions devant la Commission d’enquête sur la drogue, le PMSD s’interroge sur les pressions exercées. Xavier Duval demande ainsi « ki sannla pe rod influence témoin vedette qui pe vine dénonce bann membres gouvernement ». Il se demande qui sont ceux qui exercent des pressions sur les Casernes centrales. Le leader de l’opposition commente également le dénouement positif pour les femmes cleaners qui ont mis fin à leur mouvement de grève mercredi dernier. D’emblée, Xavier Duval fait ressortir qu’il n’est pas partisan de ce type d’action, sauf si c’est le dernier recours Cependant, prévient-il, il faut s’assurer que « Pravind Jugnauth pa pe mene zot en bateau parey couma bann grévistes BAI, fer zot arrêter après zéro résultat ».
Recrudescence de la violence domestique : une campagne agressive sur les lois               nécessaire
Aurore Perraud a pour sa part commenté la recrudescence de la violence envers les femmes dans notre société. Citant le cas de Urvashi Joygobihin, 20 ans, enceinte et agressée par son mari, elle se demande : « Kot nou société pe alé ? » Si des amendements ont été apportés à la Protection against Domestic Violence Act sous sa tutelle, le tout ne réside pas dans les lois, dit l’ex-ministre de l’Égalité des Genres, « il faut des mesures fortes, des campagnes agressives et continues auprès de la population pour qu’on puisse avoir un changement de mentalité ». Elle réclame également des mesures au niveau de l’éducation des enfants,  des jeunes, des femmes et de la famille en général.
En marge de la Journée internationale de la langue créole célébrée aujourd’hui, Aurore Perraud profite pour réitérer la demande du PMSD pour que cette langue soit utilisée au Parlement. « Cela permettra aux parlementaires de mieux s’exprimer et cela permettra surtout aux auditeurs de mieux suivre et comprendre les débats qui se font dans leurs intérêts », dit-elle. Dan Baboo a, lui, salué la présentation ce mardi en première lecture à l’Assemblée nationale du Copyrights Amendement Bill.