Mr Oshkosh. Voilà un nom que Sanish Ramgopal n’est pas prêt d’oublier. Ce pensionnaire de l’entraînement Raj Ramdin, a en effet, permis à l’apprenti jockey mauricien de décrocher sa première victoire avec les professionnels au Champ de Mars. De quoi ravir cet habitant de Souillac qui espère que les entraîneurs feront davantage appel à ses services d’autant qu’il bénéficie d’une remise de 3kg.
Sanish Ramgopal a toujours été proche des chevaux depuis sa tendre enfance. « Mes oncles étaient propriétaires de chevaux et toutes les conversations à la maison tournaient autour du cheval. Ils m’ont transmis leur passion », raconte-t-il fièrement. Sa fascination pour les chevaux le pousse à tenter sa chance dans les différents centres privés avant qu’il ne décide de mettre le cap sur l’Afrique du Sud pour intégrer l’Académie des jockeys. « Je dois ici remercier le Mauritius Turf Club qui m’a beaucoup aidé pour que mon rêve devienne réalité. J’ai posé mes valises en Afrique du Sud en 2010 et ma première monte porte le nom de Casta Luccio pour le compte de Kumaran Naidoo sur l’hippodrome de Scottsville. J’avais pris la 9e place à 13,15L du gagnant », se souvient-il.
Si les premiers mois à l’Académie furent durs, Sanish Ramgopal ne baissa pas les bras pour autant. Les fruits de ses sacrifices, il les récolta au début de 2012 quand il mena à la victoire une jument répondant au nom de Elle Rassa, toujours à Scottsvile pour l’entraînement Paul Lafferty. Il devait remettre ça deux mois plus tard à Fairview avec Kings Troop pour l’entraîneur Gavin Smith. A partir de là, ce fut le néant total jusqu’à ce que le top trainer Mike de Kock fit appel à ses services en mars 2013. Associé à Lehaaf, un coursier argentin, le jeune Ramgopal ne commit point d’erreur en s’imposant de bout en bout. Il ne s’arrêta pas en si bon chemin car il enregistra sa quatrième victoire en juin de la même année avec Pure Honey du yard de Mitchell Wiese à Arlington. « Malheureusement, les choses ne se passèrent pas par la suite comme elles étaient prévues et j’ai dû retourner à Maurice. » Avec quatre victoires en 140 montes au pays de Mandela, Sanish Ramgopal considère qu’il ne s’est pas mal débrouillé, même s’il est d’avis qu’il y avait de la place pour mieux faire.
À Maurice, il n’obtiendra en tout et pour tout que  cinq montes malgré sa remise de 4kg. « Ce n’est pas facile de bénéficier de la confiance des entraîneurs au Champ de Mars. C’est ainsi que sur les conseils de Samraj Mahadia, j’ai mis le cap sur la Nouvelle Calédonie. J’ai passé six mois la-bas et j’ai remporté huit victoires », raconte-il.
Ce n’est qu’un octobre 2015 qu’il s’illustra pour la première fois au Champ de Mars. Pilotant Mc Naught dans la course réservée aux apprentis mauriciens, il réalisa le pillar to post dans une course qui a fait couler beaucoup d’encre et a vu l’apprenti Batchameah écopé de trois journées de suspension.
« Remerciements à MM. Stéphane de Chalin et Samraj Mahadia »
Alors que son nom ne figurait pas sur la liste des jockeys autorisés à monter en course en début de saison, c’est avec joie qu’il devait apprendre que le Licencing Committee a réconsidéré son cas et que désormais il est éligible pour monter en compétition. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, il est même promu pour monter en compétition parmi les professionnels la semaine dernière. « Je remercie le Licensing Committee et MM. Stéphane de Chalain et Samraj Mahadia qui ont placé leur confiance en moi. Je remercie aussi mon entraîneur Shirish Narang qui a intercédé auprès du comité pour que je puisse obtenir ma licence. »
Commentant la victoire de Mr Oshkosh, coté à 9/1 chez certains bookies à quelques minutes du départ de l’épreuve de clôture, Sanish Ramgopal dira qu’il lui accordait une chance d’outsider. « Sur sa dernière course, je pensais qu’il avait une petite chance dans ce lot moyen d’autant qu’il ne portait que 52kg sur le dos. Maintenant qu’il a triomphé, ce n’est que du bonus. Personnellement ce que je retiens, c’est que je peux aussi m’illustrer dans un registre différent. J’espère qu’à partir de maintenant, les entraîneurs me feront davantage confiance en me confiant leurs chevaux. »
Avec déjà deux victoires au compteur, Sanish Ramgopal, 23 ans, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Même s’il ne se fixe aucun objectif, il compte bien engranger deux voire trois victoires supplémentaires pour marquer cette première année chez les pros d’une pierre blanche.