Sanjay Jhowry sculpte le sable. Il fait jaillir de la plage de Pereybère des personnages, des animaux et des scènes, selon l’inspiration du moment. Il y a une bonne part de magie dans ces oeuvres éphémères, créées le temps de rassembler les hommes. Avant qu’elles ne s’effacent à jamais…
Assis contre une pierre, un pagne froissé autour des hanches pour seul habit, l’Apollon tend un bras vers sa muse. La longue chevelure qui ondule le long de son dos masque partiellement son corps nu tandis que ses doigts de femme-sirène se rapprochent de la main de son homme. Allongée sur le ventre au-dessus d’un amas de grandes fleurs, elle resplendit sous le soleil, pendant que les vagues de l’eau turquoise de Pereybère chantonnent l’hymne de ces amoureux.
Cela fait deux jours qu’ils sont là, imperturbables devant les regards des nombreux passants qui s’arrêtent, admiratifs devant cette scène sensuelle qui prend plus d’intensité poétique au crépuscule. Sur un fond couleur flamme, le soleil perce à travers les boucles suspendues de la divine qui se prépare pour la nuit. Si aucun sournois ne vient les souiller, les amants seront encore là demain. Un jour de plus dans cette existence éphémère avant que leur histoire ne se fane. Que poussière ne redevienne poussière…