Sanjeev Nunkoo, accusé d’avoir tué Hélène Lam Po Tang en octobre 2010, a poursuivi et conclu sa déclaration « from the docks » en cour de Pamplemousses hier. Devant la magistrate Maryse Panglose-Cala, qui préside les travaux de l’enquête préliminaire, Sanjeev Nunkoo a maintenu son innocence et affirmé que le crime aurait été parfait s’il avait écouté son patron Gary Lam Po Tang en faisant disparaître le corps. Il accuse ce dernier d’être le responsable de tous ses malheurs.
« Votre Honneur, ti pou ena enn krim parfé si mo ti ekout M. Gary Lam Po Tang ek mo ti pran sa lekor-la mo ti ale. Mais instriktion ki mo finn ganie, se ki mo pe al pran enn parsel. Pa enn lekor. Me akoz mo pann pran lekor-la, mo trouv moi dan box akize zordi. » C’est ce qu’a déclaré en substance Sanjeev Nunkoo hier. Soutenant que l’enquête policière a été « mal fer », l’accusé Nunkoo a réclamé une nouvelle enquête, menée par « enn lekip indepandan » et non par la Major Crimes Investigation Team (MCIT). Il a aussi répondu à certains témoignages portés contre lui dans le sillage de l’enquête préliminaire.
« J’ai à faire ressortir qu’à aucun moment, je n’ai été blessé le 14 octobre 2010. Je vois ça très drôle que la police dit qu’on a retrouvé des traces de mon sang sur une clé qui se trouvait dans un cendrier chez les Lam Po Tang », a dit Sanjeev Nunkoo. Poursuivant, il a expliqué pourquoi son innocence ne devrait pas faire de doute, ainsi que les raisons pour lesquelles il s’était retrouvé sur les lieux du crime ce jour-là. « Je suis innocent parce que je n’ai aucune raison au monde de tuer Mme Lam Po Tang, parce qu’elle ne m’a jamais fait aucun tort. Quand je suis entré dans la maison le 14 octobre 2010 pour aller chercher un parcel, elle était déjà morte et elle sentait le sang caillé. Le corps était frais. Tout mon emploi du temps de ce jour-là est vérifiable. Il est clair que je n’étais pas dans la région de la maison des Lam Po Tang avant de recevoir un appel pour aller là-bas. »
Sanjeev Nunkoo est revenu sur son emploi du temps de ce jour avec force détails. « Si mon beau-frère n’avait pas été chercher ma mère, qui avait eu sa décharge de l’hôpital ce jour-là, c’est moi qui serais allé la chercher et j’aurais été récupérer le parcel plus tard. Et mon innocence aurait été plus facile à prouver. Monn kit travay tousel, monn al partou tousel, monn al aste enn kouto tousel, monn met mo van divan laport tousel. Ça ne peut être moi qui ai tué Mme Lam Po Tang avec ce couteau quand il est clair et net que l’expert du FSL est venu dire en cour qu’il n’y avait pas de sang sur la lame du couteau. »
« Votre Honneur, si j’étais au courant que j’allais prendre un corps, je n’aurais pas été aussi bête pour aller acheter un couteau, rentrer dans la maison, appeler de mon portable, pas une fois, mais trois fois dans la maison des Lam Po Tang et garer mon van à un endroit où tout le monde me verrait. Mme Lam Po Tang est morte avant, puisque personne n’est entré en contact avec elle depuis le mardi 12 octobre. » Il a soutenu qu’aucune trace de sang n’a été relevée par les experts sur ses vêtements et ses chaussures.
Revenant sur ses « aveux » au Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Sanjeev Nunkoo a allégué qu’à ce moment-là, il n’était qu’une « marionnette » entre les mains de la MCIT. Il a de nouveau allégué avoir été menacé et brutalisé par des policiers dont il a cité les noms en cour. « Votre Honneur, Dr Gungadin ti vinn dir dan la cour ki mo finn fer bann konfidans avec li soi disan ki mo finn touy Mme Lam Po Tang. Mo kapav dir ki dan sa bann moman-la mo ti kouma dir enn marionet, ki seki la polis ti anvi fer ek moi mo ti pou bizin fer. Si la police ti anvi fer moi sign enn statement ki se moi ki finn touy ancien présidan amérikin Kennedy, mo ti pou signé. » Avant de conclure son intervention, il a réitéré son innocence et a ajouté : « La vérité vaincra. »
À l’issue de sa déclaration, la magistrate s’est prévalue de l’article 52 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act afin de faire comprendre à l’accusé qu’il pouvait, en vertu de la loi, faire assigner des témoins pour sa défense. Me Rouben Mooroongapillay, qui suppléait à Me Rama Valayden hier, a fait ressortir que la défense avait déjà communiqué sa liste de témoins à la cour.
Parmi eux, deux médecins. À savoir le Dr Amah Charyya Gujjalu, Police Medical Officer (PMO) à la retraite et le Dr Saumthally, qui avait examiné Sanjeev Nunkoo à l’hôpital de Moka le 30 octobre 2010. Le troisième témoin de la défense s’appelle Dharamsing Sookhee. Ces trois témoins seront les derniers à être entendus demain.