Étant un grand fan de bon cinéma de divertissement, ainsi que de grands classiques, je me suis précipité en salle avec la famille récemment pour aller voir Ra.One, la méga production bollywoodienne de Shah Rukh Khan (SRK).
Avant tout, je souhaite signaler que je suis également un amateur de bons films indiens, divertissants et/ou intelligents. Ces derniers 10 ans, je me suis régalé de films tels que Dabaang, Guru, Namastey London, Bodyguard, 3 Idiots, My Name Is Khan, Dhoom, Gangster, A Wednesday, Lagaan, Munnabhai MBBS, Golmaal 3, etc. pour ne citer que quelques-uns…
Quant à SRK, il est un mythe vivant tant il a persévéré avec son talent inné et son dynamisme incomparable dans l’industrie cinématographique. La plupart du temps, j’ai apprécié ses compositions, surtout celles des années 90 (Baazigar, Darr, Pardes, Dil To Pagal Hai, Kuch Kuch Hota Hai, etc.), quoique j’estime que ses rôles ont eu tendance à se répéter dans les années 2000, mis à part Devdas, Don et Swades.
Cependant, ma déception a été immense en voyant Ra.One. Pourtant, je m’attendais à beaucoup mieux de la part d’Anubhav Sinha, lui qui nous avait donné le mélodieux et mélancolique Tum Bin et le très réussi Dus. Bien sûr, entretemps, il y avait le médiocre Cash, mais au vu de tout le ‘hype’entourant Ra.One, le rôle de SRK et les effets spéciaux, et également ma fascination pour tout ce qui touche à la science-fiction et aux super-héros, je m’attendais quand même à près de 3 heures de bon divertissement et de ‘value for money’.
Le ratage principal est dû au fait que le dernier film de SRK a voulu trop faire, trop divertir par tous les moyens, tout en n’utilisant pas à bon escient les effets spéciaux. Ra.One est un pêle-mêle de comédie aux dialogues douteux (autour du thème du préservatif/“condom”), aux fixations sur les parties intimes de l’anatomie masculine et féminine et aux blagues de mauvais goût, d’imitation de film d’action et de science-fiction, incluant de longues séquences de jeux vidéo. Quelle (s) audience (s) exactement visaient les promoteurs du film ? Si c’est les enfants et leur famille, c’est raté…
Le film emprunte beaucoup trop de Speed (scène du train), de Spider-Man 2 (également la scène du train), d’Iron Man (la batterie et l’humour ‘noir’de Tony Stark), de Matrix (pour certaines scènes de combat où le méchant ressemble à l’Agent Smith), de Terminator 2 (la course-poursuite en plein centre de Londres, et aussi la ressemblance du méchant avec T-1000 pour ses transformations et décompositions), de Last Action Hero (le héros-protecteur qui sort d’un univers fictif pour vivre aux côtés du jeune garçon dans la réalité), voire Mortal Kombat (pour les scènes de combat en mode ‘jeu vidéo’et pour la voix lugubre genre Shao Kahn du méchant dans ce monde parallèle) ou encore Kill Bill de Tarantino (pour la scène kung-fu au sabre du début) …
Certaines imitations peuvent être des réussites (la poursuite dans la capitale anglaise aura été l’un des rares moments qui m’auront captivé), mais Ra.One souffre atrocement d’un scénario décousu, où plus d’une heure passe pour nous présenter le principal protagoniste, sa petite famille et son travail… Lorsqu’enfin arrive le méchant, les effets spéciaux prennent le dessus sur toute autre considération. Arjun Rampal a très peu de temps dans le film car Ra.One le méchant n’a pas de visage pendant longtemps…
Le réalisateur et SRK ont aussi trop voulu rendre hommage à leurs potes comme Rajnikanth (apparition de 5 minutes inutiles comme Chhitti, le robot qu’il joue dans Enthiran), Sanjay Dutt comme un grossier ‘Khal Nayak’et Priyanka Chopra dont on aurait bien pu se passer. Même Kareena Kapoor n’est guère crédible dans le rôle de mère de famille passant plus de temps à danser et à courir…
Bref, je suis sûr que je ne suis pas le seul à être très déçu du film Ra. One et que même les plus ardents défenseurs de SRK doivent se dire que le film n’a pas grand-chose à voir avec un vrai super héros. Celui-ci protège tout le monde des méchants et des catastrophes, pas juste un gosse et sa mère, et jouer avec le derrière de celle-ci…