Pourquoi cette courte campagne électorale, qui nous est finalement tombée dessus dans le sillage de longues vacances parlementaires, nous amène-t-elle surtout son lot de brouhaha, matraquant l’électorat de son folklore habituel, en plus des mimiques du genre  ‘pa mwa sa, li sa!’?
 Aucune intention apparente de rendre des comptes quant aux promesses de campagne passée et, par souci d’équité, pas seulement de la dernière mandature! Et surtout, qui nous dévoilent les dimensions éthiques et morales de leurs pratiques politiques. En somme, établir si cohérence il y a eu !
A quoi assistons-nous depuis ces trois dernières semaines? Diatribes et clips satiriques plutôt qu’une réflexion sérieuse engagée, dans un exercice de dialogue fructueux avec la population sur les enjeux majeurs et les défis urgents auxquels notre société est confrontée?
Doit-on s’étonner des raisons pour lesquelles nous assistons à une désaffection de l’engagement des électeurs de la première heure? Cela n’indique-t-il pas que la politique est en crise (et ce pas qu’à Maurice)? Une des raisons principales ne découle-t-elle pas du fait que nos hommes politiques se sont enfermés dans la stratégie de cette course au pouvoir qui occulte le sens premier de l’exercice démocratique qu’est la convocation des élections? Sont-ils au moins convaincus que c’est la période obligée pour s’installer résolument face aux mandants-citoyens qui ont été systématiquement privés de la parole démocratique depuis longtemps?
Dans quelle mesure avons-nous réellement pu vivre un exercice démocratique pratiqué ces trois dernières semaines? La manière de procéder a-t-elle concrètement été de ‘put people first’? Pour atteindre cet objectif, y a-t-il eu, de la part des candidats et des partis qui briguent nos suffrages, et de leur propre initiative, des temps d’écoute active en vue de recueillir l’écho des souffrances, des cris et des aspirations légitimes des électeurs, et ce, avant de rédiger quelque programme électoral? Pas du tout, selon ce que nous rapportent les médias, principalement pour ce qui est du camp politique ‘mainstream’. Jusqu’ici, le paraître a dominé au détriment de l’Etre, le ‘marketing’ – par le ‘public opinion management ‘ – a pris le pas sur le nécessaire dialogue citoyen!
Or ne fallait-il pas décider de se mettre en face à face avec le peuple, dans une démarche de rencontres, dans la proximité? Non pour abrutir et assommer par les diatribes et autres clips satiriques mais parce qu’il y a la volonté avérée de traiter et de  considérer les votants comme de réels protagonistes de leur émancipation citoyenne et, de ce fait, prendre acte de leurs prérogatives d’Acteurs-Citoyens.
Ceci, pour retrouver ensemble une indispensable respiration citoyenne d’où nous puiserons le nécessaire souffle démocratique, vital pour la survie de notre société. Oeuvrons par  la  créativité et le sens de la responsabilité collective. Sinon nous risquons immanquablement de succomber au danger d’une pratique politique suicidaire dont le  résultat sera la mort anticipée de la démocratie délibérative.