À une conférence de presse hier matin au ministère de la Santé à Port-Louis, Lormus Bundhoo a lancé une campagne de sensibilisation pour la sécurité alimentaire. Selon le ministre, le danger ne viendrait pas uniquement des marchands ambulants. Une prudence à tous les niveaux est requise.
Selon la logique populaire, il serait moins dangereux de consommer chez soi qu’à l’extérieur « lor simé ». Selon le ministre de la Santé, tel n’est pas toujours le cas. « On parle de danger alimentaire à tous les niveaux, à tous les échelons, martèle Lormus Bundhoo, les marchands ambulants ne sont pas les principaux concernés ». C’était à une conférence de presse au siège du ministère au Emmanuel Anquetil Building à Port-Louis hier matin.
« À Maurice, on recense des cas d’empoisonnement dans les hôtels 5-étoiles comme dans les points de vente plus modestes », avance le ministre de la Santé. « Nous avons tendance à dire à Maurice que l’empoisonnement survient que chez le marchand de dholl puri, chez le marsan minn lagar, mais 47 % des cas concernent l’empoisonnement à domicile ».
L’on note une recrudescence de cas d’empoisonnement dans le pays : 336 cas en 2011 contre 79 en 2010 pour un nombre d’inspection de 33 436 en 2011 contre 23 850 en 2010. Soit une augmentation des cas de l’ordre d’environ 300 % pour une augmentation des inspections de 50 %, des chiffres. Le ministre a avoué une certaine confusion en rapport avec ses chiffres. « Li bien difisil pou kroir ki kan nou ogmant inspeksyon par 50 %, nou remark empoisoman pou 300 %… »
Mais de statuer néanmoins sur les variables qui auraient contribué à cette hausse : des variations climatiques « drastiques », la popularité croissante du précuit (pre-cooked frozen foods), la restauration rapide, entre autres . Et de dresser le parallèle avec des pays développés comme les États-Unis. « Il ne nous faut pas suivre l’exemple des grands pays dans ce registre… En Amérique, par exemple, le nombre de cas d’empoisonnement est directement lié à la consommation de fast-food. » « Nou pa anvi vinn bann amerikins de demin », prévient Lormus Bundhoo.
Il est clair toutefois que les plus vulnérables sont les enfants. La campagne de sensibilisation du ministère de la Santé sera largement axée sur les établissements scolaires. « Il est important que les maîtres d’école et enseignants assument leur responsabilité… Mais également les Parent-Teacher Associations dont il incombe la fonction de gérer ce que proposent les cantiniers ». Des tracts seront distribués dans les écoles et dans les commerces pour promouvoir une alimentation sûre.
« Nos enfants mangent mal »
Maurice, pays tropical avec tout ce que cela sous-entend (fruits juteux, légumes variés), tout ce que le soleil peut rendre de plus nourrissant, un luxe même pour certains touristes qui se délectent de nos mangues, letchis et papayes. Mais paradoxe : 30,7 % des enfants mauriciens consomment zéro fruit par jour. Fait « consternant » pour le ministre Lormus Bundhoo qui évoque « un manque d’éducation ».
Citant de nouveau un sondage mené en 2004, le ministre de la Santé  a tiré une fois de plus la sonnette d’alarme : le taux de surpoids dans la tranche des enfants âgés de 5 à 11 ans est de 31,7 %  et de 15,7 % chez les adolescents de 12 à 19 ans.
La situation de la santé bucco-dentaire serait par ailleurs à déplorer. « Imazinn zot dan Moris lor sak 10 ti zenfan ki zot zwenn, 9 ladan zot ledan piké », avance le ministre. 90 % des enfants de six ans à Maurice ont des caries, soit plus que le double de ce qu’enregistre notre homologue singapourien (40 %).
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Food Stamp Method
Le Microbiological Rapid Testing : Food stamp method est le nouveau système d’analyse d’échantillon à la disposition du ministère de la Santé. Explications du ministre Lormus Bundhoo : « C’est un test rapide qui donne des résultats en moins de 24 heures. Dans le même esprit que l’alcootest, l’épreuve est faite de façon rapide et peu chère. Et si elle est révélée positive, le même échantillon est envoyé en laboratoire pour des examens plus approfondis. » Les échantillons seront collectés par des food stamps et incubés à 35° C pendant 22 heures. Chaque incubateur a la capacité d’accueillir 20 échantillons. Une vingtaine ont été achetés.
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Les chiffres de la Food prevention
Le nombre d’inspections en 2011 : 33 436 contre 23 850 en 2010.
Le nombre de contraventions en 2011 : 1 076 contre 571 en 2010.
Le nombre de prohibition order en 2011 : 377 contre 180 en 2010.