« Nous avons alerté le ministère de la Santé à multiples reprises contre les pratiques qui menacent la sécurité des malades dans les hôpitaux », a lancé B. Kallooa, président de la Nursing Association (NA), après la fuite de quatre adolescents de l’hôpital Brown Sequard et des allégations de sévices sexuels à l’encontre d’un infirmier dans le même établissement. La NA affirme que non seulement il n’y avait pas de cadenas à la porte du ward, mais aussi qu’un seul infirmier y était affecté. Un cadenas a été placé à 17h30, soit tard dans l’après-midi après l’incident, a relevé le syndicat lors d’une visite sur les lieux peu après les faits. « Nous avons alerté le ministère au sujet du manque de personnel soignant dans les hôpitaux. Le jour de l’incident, il n’y avait pas de Ward Manager à Brown Sequard, ni de Charge Nurse dans ce High Security Ward où étaient hospitalisés au moment de l’incident dix adolescents souffrant de troubles du comportement. » Le syndicat a précisé qu’il ne compte aucunement commenter les allégations d’agression sexuelle contre un infirmier afin de ne pas altérer l’enquête en cours. Le syndicat indique toutefois qu’il est prêt à descendre dans la rue pour défendre ses membres s’ils sont injustement sanctionnés. « Les infirmiers ne doivent pas être des boucs émissaires », affirme avec force le président de la NA.
« Ce qui s’est passé à l’hôpital psychiatrique ne sont pas des cas isolés », lance-t-il encore. Dans le passé, rappelle-t-il, un malade avait assassiné un autre malade dans cet établissement. Parmi les autres cas rapportés à l’hôpital psychiatrique, il cite la tentative de suicide du fils d’une infirmière et l’agression d’un infirmier par un patient avec un tesson de bouteille. « À Brown Sequard, il y a neuf salles pour les hommes et sept pour les femmes. Mais un seul infirmier qualifié est affecté dans chaque ward », précise le syndicat. Selon la NA, ces faits illustrent les dysfonctionnements existant dans les hôpitaux publiques et réclament le départ du Directeur de Nursing et de son adjoint et des Regional Health Administrators qui n’assument pas leurs responsabilités. « Ils sont payés des fonds publics et au lieu de corriger les anomalies, ils veulent faire croire que tout va bien. Ce sont eux les vrais coupables de la dégradation des services de santé publique », s’indigne M. Kallooa. Il déplore que les administrateurs hospitaliers fassent la sourde oreille aux revendications du syndicat. « Un infirmier travaille seul jour et nuit dans une salle comptant de 42 à 46 malades à l’hôpital de Rose-Belle », constate la NA. Le syndicat dénonce « l’esclavage et l’exploitation des infirmiers contraints de travailler 13 heures d’affilée sans aucune pause pour manger et se reposer ». La NA déplore aussi le transfert d’un infirmier qui avait dénoncé ses conditions de travail. Lors d’une visite, les syndicalistes ont constaté que le personnel a été renforcé dans la salle où les adolescents avaient pris la fuite et théâtre de sévices sexuels allégués. « Nous déplorons que les mesures prises soient piece meal », notent-ils. La NA réclame par ailleurs qu’il y ait deux infirmiers par salle à l’hôpital psychiatrique lors de la distribution des psychotropes, qui sont régis par la Dangerous Drug Act.