L’interdiction de fumer au travail et dans des lieux publics n’entraîneraient pas les fumeurs à griller plus de cigarettes à la maison, selon une étude dans quatre pays publiée mardi par la revue spécialisée Tobacco Control.
Cette interdiction pourrait même encourager les fumeurs à réduire leur consommation, suggère l’étude.
L’étude auprès de 4.634 fumeurs et d’un millier de Britanniques, a été conduite en deux vagues – avant et après l’entrée en vigueur de la législation bannissant le tabagisme des lieux publics en Irlande, France, Allemagne, Pays-Bas et au Royaume-Uni (à l’exception de l’Ecosse).
Après la mise en oeuvre de la loi, le pourcentage de fumeurs s’interdisant de fumer au domicile a cru significativement dans les quatre pays, atteignant 25% en Irlande, 17% en France, 38% en Allemagne et 28% aux Pays-Bas.
Selon l’équipe, conduite par Ute Mons du centre allemand de recherche sur le cancer à Heidelberg, ces résultats réfutent l’idée que l’interdiction de fumer dans les lieux publics aboutirait à déplacer la consommation à la maison avec le risque d’augmenter l’exposition de la famille à la fumée.
Avant l’interdiction, la plupart des fumeurs avaient déjà au moins des restrictions partielles à la maison (fumer sur le balcon, etc.), même si c’est dans des proportions variables selon les pays.
Les restrictions à la maison sont davantage adoptées par des fumeurs désireux d’arrêter, notamment à l’occasion de la naissance d’un enfant ou partisans de l’interdiction de fumer dans les bars.
Au Royaume-Uni, le pourcentage de fumeurs qui ont banni le tabac de chez eux a augmenté de 22% entre les deux parties de l’étude, la seconde ayant été faite quelques mois après l’entrée en vigueur de la loi.
Pour les auteurs, bannir le tabac des lieux publics « pourrait encourager les fumeurs à s’interdire totalement de fumer chez eux ».