La sévérité des maladies cardiaques et du diabète de type 2 est associée à des variations génétiques. La présence du gène 0XR1 accroît les risques de mort prématurée et/ou la survenue d’un diabète de type 2 chez les Indo-mauriciens. Un enzyme causant cette maladie a aussi été détecté chez 73 agriculteurs exposés aux herbicides et pesticides. Le Mauritius Research Council et l’Université de Maurice présenteront le mercredi 10 les recherches ayant mis en évidence ces résultats.
Une étude génétique menée en 1999 auprès de familles mauriciennes originaires du nord de l’Inde établissait déjà une corrélation entre plusieurs chromosomes, dont la région chromosomique 8q23, et l’apparition prématurée d’un diabète de type 2 et de maladies coronariennes. Un stress oxydant causé par l’oxidation resistance 1 (OXR) a aussi été détecté. Le MRC indique qu’à l’instar de toutes les maladies chroniques, les pathologies cardiaques et le diabète de type 2 ont des causes multifactorielles, dont l’environnement en est un facteur génétique. L’institut de recherches note que le fardeau de ces maladies, déjà conséquent à Maurice, ne diminuera pas au cours des années à venir selon les études épidémiologiques réalisées pendant les deux dernières décennies. Les maladies cardio-vasculaires sont responsables de 50 % des décès alors qu’un Mauricien sur cinq souffre du diabète de type 2. L’incidence de ce diabète, de 18 % en 1998 dans la population mauricienne, s’est accrue et était de 23,7 % en 2009.
Diabète de type 2 chez les agriculteurs
Dysfonctionnement métabolique multifactoriel, le diabète de type 2 est associé aux facteurs environnementaux, génétiques et à l’âge. Les recherches du MRC montrent qu’un enzyme du nom scientifique human serum paraxonase (PON1) et dont le rôle est de prévenir l’oxydation métabolique, est « bordeline » chez 73 agriculteurs exposés aux pesticides et herbicides et les diabétiques de type 2.
Une étude génétique conjointe du ministère de la Santé et du Baker IDI Heart and Diabetes Institute d’Australie a été réalisée en 2009/2010 auprès de 6 000 Mauriciens. Ces recherches ont permis d’identifier cinq régions génétiques, dont le chromosome 12 qui contrôle le taux de sucre dans le sang.
Ce chromosome est d’un intérêt majeur pour d’autres groupes de recherches et a fait l’objet de publications dans la littérature scientifique. Des études cliniques indiquent qu’une prédisposition familiale est déterminante dans la survenue d’un diabète de type 2. La Mauritius Family Study fournira des informations sur les causes du diabète de type 2, qui entraîne une moralité élevée malgré les traitements, indique le Baker IDI Heart and Diabetes Institute d’Australie.
« Connaître les facteurs métaboliques permettra de découvrir de nouveaux médicaments et des traitements plus ciblés », indique l’institut de recherches australien. « Les médicaments courants réduisent le taux de sucre dans le sang mais ne corrigent pas l’anomalie métabolique », note-t-il.