Sept ans après son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, le paysage culturel du Morne est toujours physiquement inaccessible au public et le deuxième plan de gestion toujours attendu. La semaine dernière, le ministre de la Culture, Santaram Baboo, a confié au Mauricien avoir demandé à l’UNESCO un « fresh report » sur la délimitation des zones (Core et Buffer zones) de ce site. Pour lui, le premier plan de gestion du site devait théoriquement couvrir les trois premières années suivant l’inscription et le retard accusé concernant le deuxième plan de gestion n’est pas un problème. L’officier en charge du Morne Heritage Trust Fund (MHTF), Magali Sinatambou, confie que le dossier est toujours au State Law Office.
Nous avons célébré les sept ans de l’inscription du paysage culturel du Morne au patrimoine mondial de l’UNESCO. Où en est-on avec le deuxième Plan de gestion tant attendu du site??
Santaram Baboo : Comme je l’ai dit à la suite de ma visite à l’UNESCO à Paris il y a deux mois, nous ne sommes pas en zone rouge. Il n’y a aucun problème de retard concernant ce dossier. J’en ai discuté avec le directeur de l’UNESCO. La seule chose, c’est le litige qui oppose la famille Giraud au gouvernement. Nous travaillons dessus et l’affaire est devant le tribunal. Malheureusement, Bertrand Giraud est décédé, mais j’ai pris contact avec la famille (NDLR : Bertrand Giraud était le directeur de la Société Morne Brabant et partenaire du consortium britannique MPP depuis 2004 dans le cadre du développement d’un projet IRS sur ses terres privées au Morne).
Magalie Sinatambou : Le management plan est toujours au State Law Office.
Qu’en est-il du conflit opposant les partenaires britanniques de la Société Morne Brabant (SMB) au gouvernement mauricien, qui avait été porté devant l’International centre for the settlement of Investment Disputes (ICSID) par ceux-là ; est-ce que le gouvernement paiera la compensation réclamée??
Non. Nous attendons l’arrivée à Maurice d’une équipe de l’UNESCO pour une nouvelle évaluation de la délimitation des zones. J’ai demandé un « fresh report » concernant la Core zone et la Buffer zone.
Est-ce que cela veut dire qu’on remet en question la délimitation qui a mené à l’inscription du site comme Patrimoine de l’humanité le 10 juillet 2008??
Non, absolument pas. L’ancien gouvernement avait son plan de travail, nous souhaitons un nouveau « zoning ».
Donc, on revoit le zoning…
Non. Il y a un rapport « ki dir terin la pa dan Core zone, ena dir li dan zonn-la ». Nous ne voulons pas entrer dedans, l’UNESCO a décrété la montagne patrimoine de l’Humanité. « Nou les li mem reget zoning-la ». C’est une requête que j’ai faite au directeur de l’UNESCO.
Le site avait été décrété en fonction de cette délimitation et à la suite d’une évaluation des experts d’ICOMOS, le Conseil international des monuments et des sites…
Quand j’étais à Paris, on m’a expliqué qu’il existe d’autres sites classés patrimoine de l’humanité ailleurs dans le monde où les gens voulaient également faire des développements. Dans ces cas, l’UNESCO s’assure que le projet est écologique et qu’il ne va en aucune façon endommager l’authenticité du site. C’est ce que nous leur avons demandé de revoir. Nous pourrons organiser un atelier de travail pour étudier la question. Ils ont dit qu’ils allaient venir, mais nous ne savons pas encore quand.