La cardiopathie congénitale correspond à une malformation du coeur présente à la naissance. Selon les chiffres disponibles, 106 enfants en sont atteints à Maurice. Pour réduire le nombre de décès lié à cette pathologie, une liste nationale a été compilée par le Cardiac Centre de Pamplemousses.
L’initiative de compiler les chiffres pour en faire une base de données sur les enfants atteints de la cardiopathie congénitale revient au Cardiac Centre. « Le centre a contacté toutes les unités cardiaques et pédiatriques de nos hôpitaux régionaux et de Rodrigues pour qu’ils puissent nous référer des enfants avec des cardiopathies congénitales », a déclaré Vijaya Sumputh, directrice générale du Cardiac Centre de Pamplemousses, lors d’une conférence de presse tenue au siège de cette institution vendredi. L’objectif, selon elle, est d’opérer les enfants dont le coeur est atteint d’une malformation le plus rapidement possible, et ainsi faire baisser la mortalité infantile à Maurice. Il est fort important, soutient Vijaya Sumputh, de faire un diagnostic rapide d’un enfant dont le coeur est malade afin de lui prodiguer les soins appropriés avant qu’il ne soit trop tard.
Pour aider à la préparation de cette base de données, le Cardiac Centre a fait appel au cardio-pédiatre français Bernard de Geeter. Revenu à Maurice après 20 ans, ce spécialiste se dit agréablement surpris de voir l’évolution de la prise en charge des enfants atteints de cette pathologie dans le pays. « En 20 ans, il y a eu un saut dans la prise en charge des enfants. Je me souviens des difficultés et c’était catastrophique. On était terrorisé par la gravité des cas car les enfants étaient devenus inopérables », dit-il. Selon lui, les enfants pourront se faire opérer facilement car leur chirurgie n’est pas complexe.
Sur les 106 enfants qui sont pris en charge par le Cardiac Centre, 82 ont déjà été examinés et 24 le seront ce samedi. Selon Sunil Gunness, cardiologue, cinq opérations ont été pratiquées sur les enfants et 22 enfants sur les 82 devront en subir une. Pour lui, plus un enfant grandit, plus il est facile de l’opérer. « Les gens croient qu’il faut opérer un enfant au plus vite. Or, ce n’est pas vrai », soutient-il. Une équipe américaine sera à Maurice en novembre pour la chirurgie de six enfants. Ces derniers devront être opérés avant six mois.
Le ministre de la Santé, Anil Gayan, également présent lors de cet événement, soutient que son ministère continuera dans son objectif à opérer les enfants à Maurice en faisant venir des spécialistes étrangers. À ce jour, 12 enfants sur 100 meurent chaque année dans le pays. Une base de données sur des spécialistes issus de pays amis sera aussi mise en place. Ils seront appelés en cas d’une opération urgente nécessitant leurs connaissances et expérience.