Jusqu’à hier (vendredi 17), 54 cas de dengue ont été détectés, la plupart dans la région port-louisienne, avec deux cas à Triolet et un à Mahébourg. À ce jour il n’y a eu aucune complication liée à la maladie. Une vingtaine de patients qui étaient hospitalisés ont d’ailleurs pu rentrer chez eux.
Le laboratoire de virologie du ministère de la Santé effectue quotidiennement des analyses sanguines en cas de fièvre suspecte chez un patient. Le ministère de la Santé demande aux Mauriciens de prendre les précautions d’usage pour empêcher les moustiques responsables de l’infection, le Aedes Albopictus, de se propager.
À jeudi, 4 600 familles dans les régions affectées ont été visitées par les équipes du ministère. Des crèmes répulsives (éloignant les moustiques) et des brochures leur ont été distribuées. Il est notamment recommandé de nettoyer les cours, de se débarrasser des détritus et des déchets ménagers et de tout ce qui peut contenir de l’eau stagnante constituant un foyer de reproduction des moustiques. Il est conseillé de remplir les pneus usagés de terre et de veiller à ce que les soucoupes de plants, les boîtes de conserve usagées et autres récipients ne contiennent pas d’eau stagnante. L’eau des vases à fleurs doit être changée au moins une fois par semaine (délai d’éclosion des larves). Les Mauriciens doivent également couper les branches d’arbres, tailler les broussailles et mettre les ordures et déchets ménagers dans des poubelles couvertes. Le ministère de la Santé souligne que l’accumulation d’eau stagnante et d’ordures accroît les risques propagation du foyer épidémique de la dengue. Le ministre de la Santé Anil Gayan a annoncé cette semaine que la loi sera amendée pour obliger les propriétaires de terrains vagues à les nettoyer, les « notices » servies par les autorités locales, dit-il, restant la plupart du temps sans effet. Il a aussi déclaré que Maurice étant une destination touristique, ce n’est pas dans l’intérêt du pays que la dengue devienne endémique.
Le risque de contagion est plus élevé durant le jour, notamment au lever et au coucher du soleil. Les moustiques Aedes Aldopictus piquent en effet tôt le matin et au crépuscule et même pendant la journée dans des endroits ombragés, lorsque le temps est nuageux ou à l’intérieur des maisons. Le risque est plus faible dans les bâtiments climatisés et sur des terrains bien entretenus. Le virologue Deoraj Caussy, qui a travaillé dans des centres de référence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) notamment à Atlanta (États-Unis) avait indiqué dans un entretien au Mauricien que la population mauricienne n’est pas immunisée contre la dengue. Les 44 cas répertoriés l’année dernière dans le nord de l’île étaient dus au virus de type 2. Or la dengue est causée par quatre types de virus. Ainsi une personne guérie de l’un des quatre types de la dengue sera immunisée à vie contre ce type de virus, mais pas contre les autres types. Il n’existe aucun traitement précis contre la dengue, mais des soins médicaux peuvent contribuer à l’atténuation des symptômes.
Danielle Olivier-Sénèque