Les mesures adoptées en 2009 en vertu des Public Health Regulations (Restrictions on tobacco products) interdisant de fumer dans les lieux publics, ont commencé à porter leurs fruits. Selon une étude du ministère de la Santé menée conjointement avec le Mauritius Institute of Health et l’Université de Waterloo (Canada), parmi les 42 % de fumeurs ayant fréquenté un restaurant quelques mois après l’entrée en vigueur de la législation, 18 % disent avoir vu des personnes en train de fumer à l’intérieur et 13 % de non fumeurs affirment avoir fait le même constat. 40 % des fumeurs ont rapporté avoir vu des personnes fumer dans les bars. Selon l’étude, moins de 20 % continuent à fumer dans les lieux publics.
Deux à trois mois après la promulgation de la réglementation, 63 % des restaurateurs respectaient la loi. En outre, parmi les 26 % de fumeurs qui ont été dans des bars et des pubs, près de la moitié, soit 44 %, ont rapporté que la législation est respectée dans ces endroits. 65 % des fumeurs affirment qu’ils ont essayé d’arrêter de fumer et 69 % disent que la raison d’abandonner la cigarette est liée à son prix car ils considèrent qu’ils dépensent trop d’argent à l’achat de cigarettes. 22 % ont décidé d’arrêter de fumer pendant l’année à venir et 77 % disent y songer sérieusement. 58 % avancent qu’ils fumeront moins. Seuls 11 % annoncent qu’ils n’ont pas l’intention d’arrêter de fumer.
Les enquêteurs observent que selon l’expérience des autres pays ayant adopté des réglementations de contrôle du tabagisme, les législations auront des effets sur la réduction du tabagisme dans la population. La Journée mondiale sans Tabac est célébrée chaque année le 31 mai. Les Mauriciens fumeront-ils moins ?
Maurice a l’un des taux d’incidence du tabagisme le plus élevé dans la région : un tiers des hommes de plus de 18 ans (32,4 %) sont fumeurs.
78 % des fumeurs interrogés disent qu’ils continuent à fréquenter les restaurants et les bars. Toutefois, une majorité des fumeurs et non fumeurs adhèrent à la réglementation « smoke free ». 86 % des fumeurs sont d’accord pour ne pas fumer dans les restaurants et 74 % pour ne pas le faire dans les bars et pubs. 84 % approuvent que les lieux de travail soient sans tabac. La majorité des fumeurs souhaitent aussi obtenir plus d’aide pour arrêter de fumer mais seulement 27 % connaissaient l’existence d’une « cessation clinic ». Ils sont 46 % à penser que les médicaments de sevrage sont efficaces à condition d’être moins chers et accessibles mais aussi qu’il y ait plus de centres spécialisés de sevrage et de counselling.
L’enquête réalisée en 2010 avait pour but d’étudier les comportements psychosociaux ayant trait au tabagisme dans 15 pays aux termes de L’International Tobacco Control Policy Evaluation Project après la signature de la Convention internationale sur le tabagisme par les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Malgré l’interdiction de la publicité, 6 à 21 % des fumeurs ont affirmé avoir été témoin de formes de promotion du tabagisme. Les règlements bannissent également la publicité, le sponsorship, la vente aux mineurs et au détail.
Un tiers fume à la maison
L’étude indique qu’un tiers des personnes (31 %) qui fument à leur domicile, ont affirmé fumer moins depuis l’entrée en vigueur des règlements smoke free. 51 % des fumeurs allant même jusqu’à affirmer qu’ils veulent faire de leur maison un endroit sans tabac. Les raisons évoquées par les 22 % de fumeurs qui ont l’intention de cesser de fumer : pour 69 % d’entre eux, le prix ; pour 82 %, l’exemple à donner aux enfants ; pour 71 %, les informations sur les risques de santé ; 74 % sont conscients des effets nocifs du tabagisme sur l’environnement du non-fumeur ; 66 % disent qu’ils arrêteront de fumer suite au souhait de leur famille ; 78 % des fumeurs regrettent de s’être laissés intoxiquer par le tabac.
Les enquêteurs avaient aussi pour objectif d’évaluer l’impact des avertissements de Santé sur les paquets de cigarettes. Les textes de « Health warning » sur les emballages n’ont eu que peu d’effets : seuls 24 % des fumeurs y prêtent attention ; 22 % des fumeurs rapportent que les textes d’avertissements les ont amenés à ne pas fumer au moins une fois au cours du dernier mois ; 13 % les ignorent complètement ; 34 % disent néanmoins que les avertissements les font quand même penser aux risques pour la santé.
Bien que 92 % des fumeurs reconnaissent que la cigarette est mauvaise pour la santé, 40 % d’entre eux ne pensent pas que la cigarette va causer du tort à leur propre santé. 57 % des fumeurs disent qu’ils ne sont nullement inquiets pour leur santé. 47 % avancent que fumer n’est pas plus dangereux qu’autre chose…