Ce premier semestre de l’année a été marqué par plusieurs cas de suicide ou de meurtres impliquant les jeunes. Pour les amis qui étaient en contact avec les disparus, la douleur est souvent difficile à gérer. Christiane Valéry, psychothérapeute, donne quelques pistes pour mieux faire face à la situation.
Un décès ne laisse jamais personne insensible. Mais lorsqu’il survient dans des conditions violentes et que les disparus sont encore jeunes, cela marque davantage les esprits. En pleine période de l’adolescence, où il faut composer avec les changements dans son corps et les conflits avec les parents, un jeune peut être désemparé par la perte d’un ami. D’où la nécessité de l’accompagner dans sa souffrance.
À l’écoute.
Pour Christiane Valéry, on peut venir en aide à un ami qui souffre en étant à l’écoute. “Il faut d’abord comprendre ce que l’ami ressent. Quelqu’un qui vient de perdre un être proche est triste. C’est comme si quelque chose s’était soudainement brisé, qu’une part de sa vie lui a été arrachée.”
Devant un cas de suicide, par exemple, le jeune peut se sentir coupable : “Comment est-ce que je n’ai pas compris ? Je n’aurais pas dû le laisser. Est-ce que mon amitié n’a pas été efficace ?” Choqué par la violence de l’événement, il peut se renfermer sur lui-même, perdre goût à la vie, avoir des paroles dures envers les autres ou s’exprimer négativement. “Les personnes en deuil ont un point en commun : elles se sentent souvent isolées parce qu’elles ont l’impression que personne ne comprend ce qu’elles vivent.”
C’est alors qu’il faut intervenir. “Il faut lui montrer qu’il a tort de croire que personne ne le comprend, en allant vers lui. De plus, nous avons tendance à signifier notre présence à la famille du défunt et non aux amis.”
L’aider à s’exprimer.
Christiane Valéry souligne que les parents ont un rôle très important à jouer aux côtés de leur enfant qui a perdu subitement un ami. Ils doivent l’aider à s’exprimer. “Il est parfois bon de lui demander d’écrire ce qu’il ressent. Par exemple, une lettre à son ami. Les parents doivent aussi le rassurer de leur amour.”
Les jeunes peuvent aider un ami en souffrance en montrant qu’ils sont là pour lui. “Je suis là, si tu veux parler” ou encore : “Veux-tu qu’on aille faire une marche et qu’on en parle ?”, sont parmi les approches possibles.
Si on ne sait pas quoi dire, on peut tout simplement poser la main sur ses épaules. “C’est important qu’il sente qu’on ne le prend pas en pitié, mais qu’on est là pour l’aider. Si on a envie de pleurer avec lui, il ne faut pas en avoir peur.”
La douleur ne s’estompera pas en quelques jours. Cela prend du temps. “La personne doit surtout savoir qu’elle pourra en parler autant de fois qu’elle le voudra.” Toutefois, souligne Christiane Valéry, si on note des comportements troublants chez la personne, il faut en parler à un adulte, par exemple à un enseignant, et le faire accompagner par un professionnel.