Quand et comment donner des soins palliatifs à un patient souffrant d’une maladie incurable et dont les jours sont comptés ? C’est ce qu’a expliqué le Dr Anna Christine Kurowska, directrice du service de soins palliatifs du Whittington Hospital Trust de Grande Bretagne, lors d’une conférence au centre Swami Vivekananda à Pailles récemment.
Consultante en médecine palliative, le Dr Anna Christine Kurowska dirige également l’éducation médicale post-graduate. « Hope for the best, plan for the worst », c’est ainsi qu’elle définit la pratique des soins palliatifs. L’objectif est d’apporter un confort physique et un soutien psychologique, émotionnel et spirituel pour assurer au malade une fin de vie paisible.
La conférencière est catégorique : « Le patient doit connaître la nature de sa maladie et du temps qui lui reste à vivre. Informer le malade est un pas essentiel dans la décision de mise en place des soins palliatifs. »
La décision de passer des soins curatifs au traitement palliatif dépend des indications cliniques. Le médecin a exposé le protocole du Liverpool Care Pathway qui est un modèle de meilleure pratique pour améliorer la fin de vie des malades incurables. Il s’agit d’une méthode pluridisciplinaire qui requiert un assessment constant du patient, explique-t-elle. Le praticien prend en compte les facteurs de co-morbidité : perte de poids de plus de 10% au cours des six derniers mois, nombre des hospitalisations, deux et plus pendant le mois, l’insuffisance rénale, la défaillance cardiaque, la mesure du serum albumine, les phases de rémission et de rechute, la progression rapide d’un cancer, la démence. « Il peut être difficile de distinguer la phase terminale d’une mort proche », admet la conférencière. Elle indique que la décision de mettre en route les soins palliatifs peut être prise par le patient ou son médecin traitant.
L’autre étape est de décider si le malade veut mourir à son domicile, à l’hôpital ou dans un hospice. Le médecin indique qu’à Londres 66 % des patients en phase terminale meurent à l’hôpital et seulement 20 % à la maison. Au cas où le patient préfère mourir chez lui, le Dr Kurowska recommande plus la réduction des visites. « Il faut aussi s’assurer que le médecin de famille intervienne promptement et montrer aux proches les procédures de nursing. Il faut aussi penser à l’accompagnement religieux et spirituel », indique la Consultante en soins palliatifs. « Et quand le patient meurt il ne faut pas tenter de le réanimer, vous pouvez appeler le médecin généraliste mais n’appelez surtout pas une ambulance et les urgences », dit-elle.
Les traitements palliatifs de patients incurables doivent tenir compte de plusieurs symptômes, douleur, agitation, difficultés respiratoires, nausées, vomissements, explique le Dr Kurowska. « Au stade des soins palliatifs il faut arrêter les médicaments qui ne sont pas essentiels et administrer ceux qui sont les plus appropriés sous la forme la plus confortable possible », dit-elle. « Il faut anticiper la prescription de médicaments destinés à soulager le malade ». Ces soins comprennent notamment la prescription de sédatifs, d’analgésiques (antidouleurs), de morphine ou d’anticholinergiques. Le Dr Kurowska souligne qu’elle n’est pas en faveur de l’euthanasie. « Il faut bien s’occuper des patients qui vont mourir », dit-elle. Un service de soins palliatifs, indique-t-elle, fait appel à des infirmiers spécialisés, des social workers et des psychothérapeutes formés.