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Grâce à votre mémoire, vous pouvez sûrement retrouver le nom de votre professeur préféré ou le prix de votre première voiture. Mais pourquoi n’arrivez-vous pas à vous rappeler ce que vous avez mangé hier ? Incursion dans les coulisses de cette étonnante et complexe faculté.

La mémoire naît de l’expérience

Nous sommes constamment immergés dans l’expérience. Impossible d’y échapper. Si nous fermons les yeux et bouchons notre nez, nous pouvons toujours entendre. Enfoncer ses doigts dans les oreilles n’empêchera pas de goûter, de respirer et de ressentir. Essayez vous- même : arrêtez de lire, regardez autour de vous. Sans aucun effort, votre cerveau enregistrera tout ce que vous voyez. Mais où vont toutes ces informations ? Formant ce qu’on appelle la mémoire sensorielle, elles dis- paraissent très rapidement. Si vous voulez vous accrocher à ces souvenirs évanescents un peu plus longtemps, vous devez concentrer toute votre attention sur les données sensorielles que vous recevez. Vous pourrez ainsi transformer ces informations en mémoire de travail – ou mémoire à court terme.

Cette mémoire ne dure que de quelques secondes à quelques minutes, mais elle joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne : permettre de noter un rendez-vous chez le médecin, de prendre des décisions courantes ou de participer à une conversation. Bien sûr, vous avez besoin de retenir certaines informations pendant des jours, des mois ou même des années. C’est là que la mémoire à long terme intervient.

Gravé dans la mémoire

Certains souvenirs se conservent mieux que d’autres, mais vous pouvez leur donner un coup de pouce.

1. Soyez attentif. Incapable de vous rappeler le nom de quelqu’un que l’on vient de vous présenter ? Vous n’y avez certainement pas accordé assez d’attention. Les personnes douées pour retenir les noms les répètent souvent à voix haute. En silence, elles font peut-être une association à l’aide d’une rime pour creuser un sentier mémoriel dans le cerveau afin que le nom ne s’efface pas.

2. Révisez et répétez. Chaque fois que vous répétez une action ou que vous y revenez, le sentier se creuse un peu plus. C’est ce que l’on appelle habituellement l’apprentissage. Or cela dépend d’un certain nombre de facteurs, comme ce que vous désirez apprendre (un fait ou une compétence), votre base de connaissances actuelle, votre état émotionnel et votre hygiène de vie.

3. Apprendre est aussi plus facile si vous avez déjà été initié au domaine concerné. Un joueur d’échecs inexpérimenté qui regarde un plateau, par exemple, aura beaucoup de mal à se rappeler la disposition des pièces. Mais un champion s’en souviendra facilement parce qu’il a une excellente connaissance du jeu. Au lieu de voir des pièces isolées placées aléatoirement, il remarque les défis stratégiques illustrés dans l’organisation de l’échiquier. Cela donne du contexte à l’information et lui permet de mieux la garder en mémoire. Si vous prenez le temps de vous entraîner à une activité, votre mémoire de cette pratique s’améliorera.

Conseils d’une dessinatrice de portraits-robots

Avez-vous déjà essayé de vous rappeler quelque chose qui s’obstinait à vous échapper, par exemple l’endroit où vous aviez posé vos satanées clés de voiture ? Retrouvez vos souvenirs enfouis grâce aux techniques que Natalie Sweet, une dessinatrice de portraits-robots de la police britannique, utilise avec les témoins d’un crime.

Étape 1 : essayez de vous détendre. Si vous avez égaré vos clés, ne paniquez pas. Cela ne ferait qu’aggraver les choses. Natalie Sweet rassure les témoins en leur expliquant que le but d’un croquis est de se rapprocher le plus possible de la personne qu’ils ont en mémoire. Ce n’est pas censé être parfait.

Étape 2 : revenez en arrière. Fermez les yeux et essayez de vous souvenir de la dernière fois que vous aviez vos clés. Rentriez-vous d’une réunion ? Pleuvait-il ? Natalie donne l’occasion au cerveau du témoin de « s’échauffer » en parlant de tout ce qui s’est produit le jour du crime, sauf du crime lui-même. Une fois le témoin apaisé, elle lui demande de fermer les yeux et de décrire ses souvenirs de la scène du crime.

Étape 3 : faites comme si vous étiez un spectateur extérieur. Si vous aviez vos clés quand vous êtes arrivé à la maison, imaginez que vous vous regardez entrer. Vos clés sont-elles dans vos mains ? Vous êtes-vous attardé sur le pas de la porte ? Natalie amène ses témoins à visualiser la scène d’un point de vue extérieur. « Je leur demande d’y repenser comme s’ils étaient en train de la filmer, ou de la regarder à la télévision. Cela permet de la voir sous un autre angle. »

Étape 4 : soyez flexible. Repassez-vous la scène en boucle jusqu’à trouver un indice qui vous mènera à vos clés. Le cerveau possède de remarquables aptitudes à revisiter les souvenirs, en avant et en arrière, en plongée et avec arrêt sur image. Quand le témoin a décrit la scène et l’événement, Natalie lui demande de « rembobiner » le « film mental » jusqu’au moment où il obtient l’image la plus nette du suspect.

Étape 5 : pas de précipitation. Vous finirez par vous souvenir ; soyez patient. Pour Natalie, dresser un portrait-robot prend en moyenne deux heures. Certains peuvent demander beaucoup plus de temps.

(Source : Internet)