L’élection d’une toute nouvelle équipe dirigeante pour constituer le Medical Council (MC) le week-end dernier est, dans l’ensemble du corps médical, qualifié de « bonne nouvelle, dans la mesure où c’est du sang neuf qui est injecté dans cet organisme régulateur », estime ce groupe de médecins, généralistes et spécialistes, issus des secteurs public et privé. Mais ils nuancent aussitôt leurs propos : « Nous ne sommes pas des gosses ! Nous sommes conscients que les choses ne changeront pas du jour au lendemain. » Car, relèvent-ils, « une des priorités pour laquelle nous nous battons depuis des années, c’est que la Medical Council Act soit enfin amendée, et ce afin d’octroyer une parfaite autonomie à cet organisme. »
« Le Medical Council restera un “bouledogue sans dent” aussi longtemps que ce sera le ministre de la Santé qui aura le dernier mot ! » Le ton est donné. Ces médecins, généralistes et spécialistes, tant du public que du privé, disent que « cette nouvelle élection et le choix massif d’une équipe nouvelle pour diriger l’instance, pour nous, c’est mi-figue, mi-raisin… » Ils élaborent : « Cette nouvelle équipe va-t-elle bousculer les a priori et faire la différence ? Nous craignons que ces membres de la direction nouvelle du MC ne cèdent à des pressions. Nous qui nous battons depuis plusieurs décennies sur un même front, nous rappelons que l’essentiel et la priorité des priorités reste l’amendement à la Medical Council Act afin d’en faire un organisme autonome. Qu’il ne soit plus sous l’emprise du ministre de la Santé pour que le MC puisse opérer avec une totale indépendance et dans la plus totale transparence. »
Nos interlocuteurs expliquent que « pour l’heure, il y a aussi une énorme différence, voire une injustice, dans le traitement réservé aux médecins du public et ceux du privé ». Ils poursuivent : « Prenons l’exemple d’une faute professionnelle grave rapportée ou prouvée. Dans le cas d’un médecin du public, selon les “rules and regulations” établis par le MC, la procédure, qui implique aussi le PSC, entre autres, peut s’étendre sur plus d’une dizaine d’années avant que le médecin incriminé ne soit mis à l’écart ou radié de la profession. En revanche, quand il s’agit d’un médecin du privé qui est incriminé, la procédure est très directe : on ne passe pas par quatre chemins et le médecin en question est renvoyé, sanctionné illico ! » Cette « politique de deux poids, deux mesures a assez duré ! » estiment nos interlocuteurs.
Dès lors, ils réclament « un MC qui sera un véritable organisme régulateur, qui défende les intérêts du corps médical et qui oeuvre en faveur d’une politique de santé publique correcte et décente ». Pour nombre de nos interlocuteurs, « à force d’ingérences politiques, le MC, tel qu’il se décline actuellement, n’a aucun pouvoir réel, raison pour laquelle nous demandons que la “next step” soit un projet d’amendement de la Medical Council Act ». Nos interlocuteurs souhaitent « beaucoup de chance » aux nouveaux venus. « Ils sont jeunes et ont l’esprit ouvert. Nous sommes confiants qu’ils sauront être à la hauteur. »