Quelque 83 000 Mauriciens souffrent de diabète de type 2, contre 420 de type 1, dont 230 sont des jeunes de moins de 18 ans. C’est en tout cas ce que révèlent les chiffres du National Diabetes Register, évoqués par le ministre de la Santé Lormus Bundhoo la semaine dernière au Parlement.
Le diabète continue de faire des ravages à Maurice. Les chiffres du National Diabetes Register, révélés par le ministre de la Santé la semaine dernière au Parlement, parlent d’ailleurs d’eux-mêmes. Pas moins de 83 000 Mauriciens sont touchés par le diabète de type 2, alors que celui de type 1, lui, a atteint 420 personnes, dont 230 ont moins de 18 ans.
Pour rappel, ces deux formes de diabète sont caractérisées par une hyperglycémie chronique. Celui dit de « type 1 » touche généralement les jeunes gens, survenant d’ailleurs la plupart du temps au cours de l’enfance. Cette forme de diabète est causée par une destruction auto-immune du pancréas, qui ne produit dès lors plus d’insuline. Si on ne peut encore en déterminer la cause, il n’existe toujours pas non plus de prévention possible. De fait, les malades sont dépendants d’injections d’insuline.
Le diabète de type 2, lui, représente 90% des cas de diabète et apparaît plus tard dans la vie. Souvent associé au problème de surpoids, il est majoritairement dû à un état de résistance à l’insuline. Le nombre de personnes souffrant de diabète de ce type à travers le monde est en constante progression. Un phénomène que les médecins attribuent au « mode de vie occidental », induisant à la sédentarité et à l’obésité. Selon la Fédération internationale du diabète, le nombre de diabétiques pourrait d’ailleurs passer à 438 millions d’ici 2030, comparativement aux 285 millions de malades recensés en 2010. Raison pour laquelle les campagnes de sensibilisation se multiplient à travers la planète, y compris à Maurice, où le taux de prévalence à la maladie reste toujours très élevé. Entre autres conseils prodigués : pratiquer des activités physiques et adopter un meilleur régime alimentaire. D’autant que, comme le notent les médecins, le diabète de type 2, souvent décelé après l’âge de 40 ans, touche de plus en plus d’enfants et d’adolescents, du fait de l’augmentation de l’obésité juvénile, là encore liée aux mauvaises habitudes alimentaires.
Répondant à une question de la députée travailliste Stéphanie Anquetil la semaine dernière, le ministre de la Santé a indiqué qu’en ce qui concerne les 83 000 diabétiques de type 2 à Maurice, des travaux sont en cours pour fournir des statistiques séparées, et ce en vue de déterminer le nombre précis d’enfants et d’adultes touchés. Le ministre a par ailleurs indiqué que le National Diabetes Register est mis à jour régulièrement sur la base de nouveaux cas et de patients décédés. Il n’a toutefois pas voulu s’aventurer à estimer le nombre de diabétiques de type 2 d’ici 2020 car, dit-il, « le taux dépendra de facteurs tels le vieillissement de la population, l’impact des programmes de prévention et d’intervention déjà en cours, ainsi que d’autres facteurs sociaux ». Et d’ajouter qu’un épidémiologiste, spécialiste des maladies chroniques non transmissibles, a été recruté par le ministère et travaille actuellement sur les prévisions de prévalence du diabète à Maurice. « Étant donné la complexité de cet exercice, cela prendra environ six mois avant de pouvoir avancer des chiffres. »
Par ailleurs, a annoncé Lormus Bundhoo, le ministère procède à la mise en oeuvre d’un Cost Centre Project dans les centres de santé, en vue notamment de pouvoir déterminer le coût estimé du traitement du diabète à Maurice.