Le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie a annoncé que le nouveau programme de distribution de méthadone à l’intention des toxicomanes débutera d’ici le 10 janvier pour la région de Beau-Bassin/Rose-Hill et se mettra en place dans le pays au fur et à mesure. Lors d’une conférence de presse dans les locaux de son ministère, Anil Gayan a expliqué que ce programme avait pour principal but de protéger la société.
Le traitement à la méthadone introduit en 2006 avait pour objectif de contrôler la propagation du VIH/SIDA parmi les toxicomanes. Depuis, le nombre de cas de personnes infectées aurait effectivement diminué. Il n’empêche que, selon les chiffres du ministère, le nombre de Mauriciens suivant le traitement à la méthadone dépasserait les 6 600, un chiffre fort pour le pays. C’est dans cette optique que le ministre de la Santé et de la Qualité de la Vie, Anil Gayan, a mis en place un nouveau système de distribution qui vise à décentraliser les lieux de traitement et consolider le contrôle par la force policière.
Il existe, à ce jour, 18 sites de distribution de méthadone à travers le pays, chacun de ces sites comptant au minimum 300 patients. Le plus grand nombre de patients enregistrés se trouve à Beau-Bassin, Plaine-Verte et Sainte-Croix, avec plus de 600 personnes par centre. Une visite effectuée hier à Beau-Bassin par le ministre Anil Gayan avait pour but de trouver une solution à ce problème pouvant générer des risques de harcèlement envers d’autres individus ou de vol ; « Il était important d’avoir le contrôle sur ces personnes qui peuvent constituer un certain danger social. C’est pour cela que des caravanes seront placées dans l’enceinte des postes de police afin que tout se déroule dans l’ordre, sans risques de violence ».
Des cartes seront distribuées par des ONG à ceux nécessitant un traitement à la méthadone. Les patients devront obligatoirement présenter cette carte et une pièce d’identité pour bénéficier du traitement. « C’est dans l’intérêt du public que nous le faisons », déclare Anil Gayan. La carte représente un accord entre les ONG et les patients, ces derniers devant signer un accord pour bénéficier du traitement. Tout patient violant une clause de l’accord encourt le risque de se voir priver de traitement.
Les endroits ciblés pour la distribution sont, pour l’instant, le poste de police de Beau-Bassin, Chebel, Stanley, Camp-Levieux, Barkly, Bambous et Rose-Hill. Toutes les précautions ont été prises afin que le nouveau système, piloté par des agents du ministère et la police, puisse démarrer le 10 janvier. Anil Gayan a par ailleurs souhaité que « ena enn program kot redwir doz sa bann pasian-la pou ki zot nepli dependan metadonn ». Il lance un appel aux patients afin qu’ils « prennent l’engagement de sortir de ce problème et deviennent des membres actifs et constructifs de la société ».