Le projet de création d’un institut national du cancer en partenariat avec le secteur privé est au stade d’examen en comité, a indiqué hier Lormus Bundhoo, lors de l’inauguration de deux wards de chimiothérapie pour hommes et femmes à l’hôpital de Rose-Belle. Le ministre de la Santé a indiqué que la décentralisation des services de cancérologie se poursuit avec l’ouverture planifiée de centres de chimiothérapie à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, d’abord, puis à l’hôpital de Flacq.
Le ministre de la Santé a déclaré qu’il a eu des discussions fructueuses lors de sa visite officielle en Inde en vue de la collaboration entre des instituts de cancer indiens et l’International Association of Cancer Registry et son ministère. Lormus Bundhoo a précisé notamment que le Pr J. M. Nabholtz de France était en visite à Maurice en vue de la création d’un institut national du cancer. Le Pr. Kesler de Hongrie a pour sa part proposé sa collaboration dans la formation du personnel hospitalier local en oncologie.
Le ministère de la Santé investit en outre dans de nouveaux équipements, dont l’achat d’une nouvelle machine cobalt pour la radiothérapie au coût de 1 million de dollars US, un appareil de brachythérapie et d’autres machines de colposcopie pour le traitement du cancer du col de l’utérus, une nouvelle machine cobalt pour la radiothérapie et un endoscope pour le diagnostic du cancer de l’intestin.
Lormus Bundhoo a par ailleurs constaté que les types de cancer observés chez les Mauriciens ont changé entre la période 1997-2000 et celle de 2005-2008. Ainsi, chez les femmes, le cancer du col de l’utérus a diminué de 15 %, celui de la bouche et de la gorge de 33 %, la leucémie et les cancers du sang de 38 % et celui de l’estomac de 18 %.
Incidence plus élevé du cancer colorectal
L’incidence du cancer de la peau a baissé de 17 %. En revanche, il y a eu une hausse des cancers du sein et du type colorectal chez les femmes. Chez les hommes, on constate que les cancers de la bouche et de la gorge ont diminué de 19 %, le lymphome de 34 % et le cancer de la vessie de 4 %.
Selon le rapport du National Cancer Registry pour l’année 2010, 1 807 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés et 1 051 malades en sont décédés. Chez les femmes, l’on note 432 cas de cancer du sein (40,5 % des cas), en deuxième position, le cancer colorectal représente 96 cas (9 %). 85 cas de cancer du col de l’utérus (8 %) et 47 cas de cancer de l’ovaire (4,4 %). Chez les hommes en première position, l’on recense 95 cas de cancer colorectal (12,8 % des nouveaux cas) ; 91 cas de cancer de la prostate (12,3 %), 61 cas de cancer des poumons (9,2 %). Les cancers oraux constituent 7,2 % des cas (53 cas) et 6,5 % sont ceux de la vessie (48 cas).
Le ministre de la Santé a constaté que « bien qu’alarmante, l’incidence du cancer est à Maurice bien moindre que dans d’autres pays comme l’Inde, la Grande-Bretagne, Singapour et l’Afrique du Sud ». Ainsi, l’incidence du cancer chez les hommes mauriciens est de 92 pour 100 000 et chez les femmes elle est de 129 pour 100 000. En Afrique du Sud l’incidence du cancer est de 255 pour 100 000 chez les hommes et chez les femmes, 170 pour 100 000. En Grande Bretagne : 280 pour 100 000 (hommes) et de 261 pour 100 000 (femmes). En outre, l’incidence du cancer à Singapour est de 17 % plus élevée qu’à Maurice.
Selon les estimations, le nombre de nouveaux cas de cancer va doubler d’ici à 2030 chez les Mauriciens. 30 % des cancers peuvent être prévenus, affirme le ministère de la Santé. Une alimentation trop riche en graisses, sucres et sels caractérisée par une faible consommation de fruits et de légumes est responsable de 20 % à 30 % des cancers. Le tabagisme est à l’origine de 22 % des cancers. Les autres facteurs de risques sont les maladies sexuellement transmissibles, l’alcoolisme, l’inactivité physique, la pollution.
Le ministère annonce d’autres projets dans le « pipeline », dont une étude sur le taux de survie des cancers, une étude épidémiologique sur le cancer du sein à Maurice, la consolidation du National Cancer Registry et la mise en place d’un National Cancer Information Centre.