Le monde est actuellement en alerte depuis la percée de l’épidémie du coronavirus venant de Chine. Des centaines de morts des milliers d’infecté l’épidémie progresse de manière inquiétante en Chine et dans d’autres pays. L’Organisation mondiale de la Santé a décrété d’urgence internationale. Maurice a aussi pris des mesures pour se protéger.

Le coronavirus de Chine

Le coronavirus chinois, dénommé 2019-2CoV, est issu d’une grande famille de virus responsables de maladie pouvant aller d’un simple rhume à des pathologies plus sévères. Le coronavirus chinois appartient au même groupe de virus qui a provoqué le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-Cov). Il s’agit d’un type de virus qui peut provoquer des maladies chez les animaux et les humains. Les virus pénètrent dans les cellules à l’intérieur de leur hôte et les utilisent pour se reproduire et perturber les fonctions normales du corps.
Les coronavirus sont nommés d’après le mot latin corona, qui signifie couronne, car ils sont entourés d’une coquille à pointes qui ressemble à une couronne royale. Le coronavirus de Wuhan est un virus qui n’avait jamais été vu avant cette épidémie.

Parmi les cas rapportés, plusieurs patients ont développé une forme sévère de la maladie. Certains sont décédés. Il a été détecté pour la première fois en décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine. Il ressort que l’épidémie se serait propagée à partir du marché de la ville chinoise qui a été fermé depuis. Les scientifiques supposent, selon plusieurs études, qu’il y a une forte probabilité que ces virus proviennent de chauves-souris et se soient propagés à l’Homme. Face à la rapide propagation du virus et sa dangerosité, l’Organisation Mondiale de la Santé a décrété l’urgence internationale jeudi dernier. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air Mauritius, ont cessé toute liaison sur la Chine alors que plusieurs États ont initié des démarches pour le rapatriement de leurs concitoyens.

Symptômes

Les symptômes annonciateurs de l’infection sont ceux qui sont plutôt fréquents lors des maladies respiratoires. C’est-à-dire, une fièvre supérieure à 38,1 °C, des quintes de toux, une grande fatigue et des douleurs musculaires qu’on appelle myalgie. La première complication, la dyspnée – difficulté respiratoire – apparaît après huit jours pour la plupart des victimes.

Mode de transmission

Puisque les premiers cas recensés sont chez des personnes qui se sont rendues directement sur le marché de Wuhan, les scientifiques supposent que la maladie serait transmise par les animaux. La transmission interhumaine s’est également avérée depuis le 19 janvier. La maladie se transmet par postillons, à savoir par éternuement et toux. Ce qui présage qu’un contact étroit est nécessaire avec une personne présentant les symptômes.

Pas de vaccin

À l’heure actuelle, aucun traitement n’a été trouvé. Les antibiotiques ne fonctionnent pas. Les médicaments antiviraux peuvent être efficaces, mais le processus de compréhension du virus prendra des années et des sommes considérables. Il n’existe pas encore de vaccin contre le coronavirus, et il est peu probable qu’il soit développé à temps pour être utile contre cette épidémie.

Les National Institutes of Health des États-Unis et la Baylor University de Waco, au Texas, soutiennent travailler sur un vaccin basé sur ce qu’ils savent des coronavirus en général, en utilisant les informations de l’épidémie de SRAS. Mais, cela pourrait prendre une année ou plus pour se développer.

Les gouvernements et les autorités sanitaires s’efforcent de contenir le virus et de soigner les patients malades et d’empêcher qu’ils infectent d’autres personnes. Les patients sont mis en quarantaine dans les hôpitaux où leurs symptômes peuvent être traités et ils sont éloignés du public .

Les aéroports du monde entier mettent eux en place des mesures de dépistage. Cependant, cela peut prendre des semaines avant que les symptômes n’apparaissent, il n’y a donc qu’une faible probabilité que les patients soient repérés dans un aéroport.

Deux nouveaux hôpitaux à Wuhan

Depuis l’apparition du coronavirus, les autorités ont entamé la construction de deux hôpitaux à Wuhan exclusivement dédiés à l’accueil des malades du coronavirus. Le premier de mille lits devrait être livré le 3 février. Une prouesse puisque sa construction a débuté le 24 janvier. La construction du second a déjà débuté. Il pourra accueillir 1 300 lits et sera prêt un peu plus tard. Quelques 300 millions de yuans ont été nécessaires pour ces deux opérations.

Wuhan

Épicentre de l’épidémie, la ville de Wuhan est la capitale de la province du Hubei en Chine centrale. Avec ses 11 millions d’habitants, Wuhan est la sixième ville la plus peuplée du pays. Elle est une plaque tournante du transport avec des dizaines de lignes de chemins de fer, des routes et des autoroutes la reliant au reste du pays. Wuhan résulte du regroupement, en 1927, des trois villes : Wuchang, Hankou et Hanyang dont l’histoire remonte aux premiers siècles après Jésus-Christ. Wuhan a été le point de départ de la révolution qui renversa la dynastie des empereurs Qing et qui instaura une année plus tard la République de Chine. Le comité central du Kuomintang, parti au pouvoir, et le gouvernement de la République s’installèrent provisoirement à Wuhan début 1927 au cours de l’opération de reconquête de la Chine livrée aux seigneurs de guerre. C’est dans cette ville que l’alliance entre le Parti communiste chinois et le Kuomintang fut rompue. Ce qui amorça la guerre civile chinoise opposa les deux parties jusqu’en 1950. Durant la seconde guerre sino-japonaise, Wuhan devint la capitale provisoire du gouvernement chinois du Kuomitang avant d’être conquise par les Japonais.

Le bilan passe à 362 morts, 17.200 infections confirmées en Chine

Le nombre des décès confirmés dus au coronavirus chinois est passé à 362 morts, après que les autorités de la province du Hubei ont annoncé lundi 56 nouveaux décès. Dans son point quotidien, la commission provinciale de la Santé a aussi fait état de 2.103 nouveaux cas confirmés d’infection dans le Hubei, foyer de la nouvelle épidémie. Ces cas supplémentaires portent à plus de 17.200 le nombre total des infections confirmées dans l’ensemble de la Chine, selon les chiffres officiels.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Philippines ont signalé dimanche la mort à Manille d’un Chinois de 44 ans, originaire de la ville de Wuhan où l’épidémie de pneumonie virale a démarré en décembre. Le virus s’est propagé dans 24 pays.