Le président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC), Suttyhudeo Tengur, réclame l’institution d’une Food Authority pour réglementer le secteur de l’alimentation et veiller au respect des normes d’hygiène de la production à la consommation. « À défaut d’une Food Authority, Maurice peut également s’inspirer du modèle slovène pour nommer une “Ombudsperson for Food Regulations” afin de mener à bien cette tâche », déclare-il.
« Les Mauriciens consomment-ils une nourriture saine ? Les normes d’hygiène et sanitaires sont-elles respectées lors de la préparation des fast-foods ? Les simples marchands de gâteaux piments et de dholl puris ou les grandes enseignes peuvent-ils garantir une alimentation saine à la population ? » s’interroge Suttyhudeo Tengur. Citant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il avance que l’absence de politiques concernant une alimentation saine serait la cause de décès de quelque 2,2 millions de personnes annuellement dans le monde, dont de nombreux enfants. « L’OMS note une utilisation abusive des produits chimiques, tels les pesticides et autres fertilisants, qui a augmenté de 170 fois durant les cinq dernières décennies », dit-il. Notre interlocuteur ajoute que les résidus chimiques entrent dans la chaîne de production alimentaire et, dans certains cas, même si les aliments ne contiennent aucune bactérie, virus ou parasite, des produits chimiques, des additifs et d’autres contaminants peuvent causer plus de 200 maladies différentes, allant de la diarrhée au cancer.
« Malgré les campagnes de sensibilisation, on a observé, ces dernières années, un nombre croissant de maladies non transmissibles, dont les troubles cardio-vasculaires, le diabète ou encore le cancer à Maurice », déclare le président de l’APEC. D’où l’élaboration des nouvelles règles alimentaires contenant 521 sections inspirées des modèles européens et indiens, entre autres. « C’est un document bien travaillé qui pourrait amener un changement de mentalité dans le mode de consommation dans notre pays si implémenté. Une loi peut être moderne, mais si on ne l’implémente pas, elle dormira dans un tiroir. » Et de faire ressortir qu’il faudra « des personnes compétentes » pour mettre en place ces règles, la production alimentaire étant un domaine scientifique où la rigueur est de mise.