Le ministre de la Santé, Anil Gayan, présentera cette semaine au Conseil des ministres un projet pour instituer le “shift system” dans tous les départements des hôpitaux. C’est ce qu’il a déclaré à l’issue d’une réunion qui a été boudée par les représentants syndicaux des médecins généralistes du service hospitalier. La rencontre entre le ministre et les délégués syndicaux à 17 h mardi au ministère de la Santé n’aura duré que cinq minutes. Le litige au sujet de l’introduction du “shift system” aux services des urgences des hôpitaux a été soumis à la Commission de médiation et de conciliation.
Anil Gayan a indiqué lors d’un point de presse, à l’issue de cette réunion avortée, qu’avant le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB) le ministère de la Santé payait aux médecins Rs 110 M en heures supplémentaires. Cette somme passerait à Rs 240 M avec l’application du nouveau rapport. « Au lieu de payer autant d’argent à des médecins qui se fatiguent à travailler de longues heures, dit-il, et qui n’ont pas de vie sociale, je préfère recruter 300 médecins qui sont au chômage, et dont les parents se sont sacrifiés pour leurs études à l’étranger, afin d’appliquer le “shift system” dans tous les départements des hôpitaux et ainsi améliorer les services ». L’heure est toujours à l’affrontement, le ministère de la Santé et le syndicat des médecins généralistes de l’État campant chacun sur leur position. Les discussions butent sur le plan financier.
« Au lieu que nous ayons à leur payer autant d’heures supplémentaires, pourquoi les médecins ne travailleraient-ils pas d’après les recommandations du PRB, c’est-à-dire 40 heures par semaine ? », lance le ministre de la Santé. Ce dernier rappelle que tous les fonctionnaires ont signé l’“option form”, ce qui les oblige, dit-il, à « abide by what the report recommends ». Il a énuméré les conditions d’emploi d’un médecin généraliste dans les hôpitaux publics : un salaire de base s’élevant à Rs 40 800, une voiture hors taxes à 100 % tous les sept ans, un prêt équivalent à 21 mois de salaire à un taux d’intérêt de 4 % et un “car allowance” de Rs 11 500.
La Medical and Health Officers Association (MHOA) maintient de son côté que la décision d’introduire le “shift system” dans les hôpitaux est « unilatérale et inacceptable ». Elle a mis fin aux négociations avec le ministère de la Santé sur les conseils de ses hommes de loi, après que le litige a été référé le 13 juin à la Commission de médiation et de conciliation. Le syndicat des médecins avait d’ailleurs annulé dans un premier temps sa rencontre avec le ministre Gayan mardi dernier avant de changer d’avis. Le Dr W. Ballam, président de la MHOA, a fait comprendre qu’il a rencontré le ministre « par courtoisie ».
Le ministre de la Santé a expliqué que la lettre de la Commission de médiation et de conciliation n’est parvenue au ministère que le 14 juin, jour de la rencontre. Auparavant, dit-il, il y avait eu six réunions entre les représentants syndicaux et les cadres du ministère de la Santé. « Les syndicats ont demandé à me rencontrer. J’ai accepté même si la demande a été faite le jour même de la rencontre », a déclaré le ministre Gayan. « Puis, à 16 h 26 le Dr Ballam a téléphoné à ma secrétaire pour annuler le rendez-vous. Il a ensuite rappelé pour dire qu’ils vont venir. J’ai maintenu la rencontre à 17 heures ». Anil Gayan rappelle que le “shift system” est réclamé par les médecins des hôpitaux depuis 20 ans.