Le Dr Shivraj Sohur animant une rencontre avec les parties prenantes la semaine dernière dans les locaux de l’Université de Maurice (à l’arrière-plan, les promoteurs de la Global Foundation Community Health)
  • Une étude lancée en collaboration avec le gouvernement, l’université de Maurice et des Ong

La Global Foundation for Community Health (GFCH) se propose de promouvoir à Maurice le concept de Community Health Advanced Practioner (CHAP), qui préconise une approche communautaire pour le traitement des maladies non transmissibles, en particulier le diabète, par rapport à une approche hiérarchique entre les médecins et les patients.

« À travers ce concept, les relations entre les médecins, les professionnels sur le terrain et la communauté se feront sur une base égalitaire. Ce concept est considéré comme le meilleur instrument dans le domaine des interventions en matière de santé publique pour traiter les maladies non transmissibles. Ce qui nécessite l’implication de toutes les parties prenantes et les institutions concernées. Nous avons un modèle que nous devons travailler et développer avec le CIELAD Studies », explique le Dr Shiraj Sohur, un spécialiste mauricien établi à Boston et qui est président et fondateur de la GFCH.

Pour le Dr Sohur, Maurice est « le pays idéal » pour tester le modèle SHAP, aussi connu comme « le modèle 5-2035 ». Maurice, dit-il, a rencontré « beaucoup de difficultés » pour combattre les maladies non transmissibles, qui comprennent le diabète type 2, les problèmes cardiaques, l’hypertension et les crises cardiaques, entre autres. Il estime qu’il y a « un lien direct entre la santé, la croissance économique et le développement, le vieillissement des populations, et la globalisation d’un style de vie malsain ».

Il poursuit : « Le combat contre la maladie non transmissible s’est avéré être « un échec » dans le monde et donne lieu à des dépenses de l’ordre de USD 1,8 trillion annuellement. Maurice est un exemple parfait de cet échec multisectoriel et on enregistre un taux de diabète estimé à 40%, un des plus élevés dans le monde. Avec le projet CHAP, le Dr Sohur se dit convaincu de pouvoir réduire le taux de diabète à un niveau plus contrôlable de 5% d’ici 2035. »

Comme l’indique le Dr Sohur, le concept proposé repose sur trois piliers : un service clinique excellent, l’engagement de la communauté et la recherche et l’enseignement. Il explique : « Le service de la santé doit comprendre des médecins compétents et dévoués à l’avancement de la médecine, ainsi que ceux capables de travailler en équipe et ayant de la compassion de l’empathie et de l’humanisme. Le deuxième pilier porte sur l’autonomisation de la communauté, la maîtrise des sensibilités culturelles et le respect mutuel et l’esprit d’équipe. Le troisième est la recherche avec accent sur la rigueur, l’intégrité éthique et la volonté d’acquérir de nouvelles connaissances lorsque les professionnels seront sur le terrain. »

Le Dr Gunput, un des principaux partenaires du Dr Sohur et qui est basé à Londres, parle dans le même sens et justifie le choix de Maurice pour tester le modèle 5-2035. « The goal of the study is to investigate whether the introduction of 5-2035 community health nurse practitioners (CHNPs) in collaboration with community health doctors (CHDrs) and community members will decrease the rates of chronic non-communicable disease (CNCD) in patients with known chronic health conditions. We will work with our academic and regulatory partners (e.g. University of Mauritius, Mauritius Institute of Education, Open University of Mauritius, University of Technology Mauritius, Mauritius Nursing Council and Mauritius Institute of Health) and other local and international partners to co-develop a full clinical study protocol with the participation of the ministry of health », souligne-t-il.

L’étude s’étendra sur une période de 18 mois selon le programme préétabli. L’idée est de toucher quelque 10 000 personnes à partir, desquelles 4 500 seront choisies. La moitié suivra le modèle CHAP et l’autre, la méthode traditionnelle. Au terme de l’exercice, une étude comparative sera effectuée pour mesurer l’avancement des patients dans les deux cas. La fondation compte déjà une “leadership team”, présidée par Shivraj Sohur et qui comprend une dizaine d’officiers et un “advisory board” comprenant Jerilyn Allen, Devendra Saksena, Walter C. Willett, Jean Pierre Lim Kong et Ali M. Mansoor. Durant les 12 prochains mois, la fondation, qui compte actuellement 500 inscrits, souhaite en avoir 12 000. Les promoteurs du projet ont rencontré ces dernières semaines le président de la République, Pradeep Roopun, ainsi que des membres du gouvernement et des représentants d’Ong.