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En 2018, le nombre de nouveaux cas de cancer à Maurice a baissé de 3,3% en comparaison avec l’année précédente. C’est ce que révèle le National Cancer Registry, rendu public cette semaine. Il n’empêche que le cancer demeure la troisième cause de décès dans le pays, après le diabète et les maladies cardiovasculaires. Le ministère de la Santé prévoit une approche plus sophistiquée du traitement et de la prévention avec la première phase du nouvel hôpital pour le traitement des cancers, à Solférino, qui entrera en opération dans trois mois.

Des 2 380 nouveaux cas de cancer détectés en 2018, 959 concernent des hommes et 1 421 des femmes. Le cancer de la prostate et le cancer du sein restent les plus répandus dans les deux groupes respectivement. La plus grande progression concerne le cancer du pancréas, à la fois chez les hommes et les femmes. Comparé à 2017, il y a eu une baisse de 3,3% dans les nouveaux cas, soit 4,5% chez les femmes et 1,4% chez les hommes.
Lors d’une journée de sensibilisation à L’Escalier, dans le cadre de la Journée mondiale de la lutte contre le cancer, le ministre de la Santé, le Dr Kailesh Jagutpal, a rappelé que 40 millions de personne sont touchées par la maladie dans le monde et que n’importe qui peut être concerné. « Nous allons utiliser tous les moyens à notre disposition pour prévenir la maladie et accompagner les malades. Le Premier ministre a pris l’engagement de mettre sur pied un hôpital ultra-sophistiqué au coût de Rs 1,5 milliard. » Il a ainsi annoncé l’ouverture prochaine du Cancer Hospital à Solférino (ex-MedPoint) dans trois mois exactement, avant d’expliquer que l’établissement sera pourvu d’appareils sophistiqués, pour des traitements à la pointe de la technologie, par la médecine nucléaire. Les techniciens des hôpitaux seront par ailleurs formés pour opérer ces nouvelles machines, a-t-il précisé. La capacité de l’hôpital sera de 180 lits.

Le ministère continuera cependant d’envoyer des patients à l’étranger si besoin est, a ajouté le Dr Jagutpal. L’accent sera également mis sur les soins palliatifs pour les patients en phase terminale. « Un bon nombre de cancers peuvent être prévenus si on prend soin de son corps. Il faut aussi adopter un mode de vie sain, en évitant la cigarette, l’abus d’alcool, en faisant des exercices régulièrement, entre autres. Prenez également avantage des tests de dépistage disponibles à l’hôpital, ainsi que du vaccin contre le papillomavirus. »

Le Dr Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Maurice, a rappelé que la maladie risque de doubler, passant d’un million de personnes atteintes en 2018 à 2 millions en 2040. Rien qu’en Afrique, il y a eu une progression de 13%, a-t-il souligné. Et de féliciter Maurice pour les services offerts, dont le vaccin contre le cancer du col de l’utérus. « En revanche, nous avons ici un gros problème d’alcool, lié à la maladie. » Maurice, a-t-il ajouté, est l’un des cinq pays africains, avec le Botswana, le Rwanda, les Seychelles et le Kenya, où l’OMS a reconnu les efforts dans la prévention et la prise en charge.

Également présent à L’Escalier, le Parliamentary Private Secretary Ismaël Rawoo a témoigné de la manière dont il a été traité il y a quatre ans grâce à un dépistage précoce. « Mon père est décédé d’un cancer du pancréas il y a six ans et je peux vous dire que c’est toute une famille qui souffre quand quelqu’un a un cancer. » Il a invité la population à procéder au dépistage précoce.