Parler des hémorroïdes est souvent tabou. Du coup, il y a plein de choses que l’on ne sait pas à leur sujet alors que tout le monde peut être concerné par une crise d’hémorroïdes qui est une affection douloureuse et courante. Voici quelques informations importantes, relatives aux causes, traitements, rapports intimes… que nous devrions tous connaître.
Il n’est pas toujours facile de parler d’hémorroïdes, que ce soit avec ses proches ou avec son médecin. Pourtant, tout le monde en a. Elles font partie de la structure normale du rectum et jouent un rôle essentiel dans l’étanchéité de l’anus. Elles sont constituées d’un ensemble de vaisseaux sanguins organisés en paquets placés autour de l’extrémité du canal anal et qui gonflent pour permettre de contrôler l’échappement des gaz. Quand on parle d’hémorroïdes, on pense le plus souvent aux hémorroïdes externes, qui surviennent sous la peau à l’entrée de l’anus. Or nous avons également des hémorroïdes internes. Elles se situent dans l’anus ou la partie inférieure du rectum. Celles-ci peuvent se compliquer plus facilement. Elles peuvent uniquement se traduire par des démangeaisons et des saignements. Mais dans certains cas, elles peuvent descendre le long du canal anal et s’extérioriser sous forme de paquet hémorroïdaire très douloureux.
Les problèmes naissent lorsque les hémorroïdes deviennent sujettes à l’inflammation ou que les tissus qui les soutiennent se relâchent. Elles peuvent alors se dilater et/ou descendre jusqu’à l’anus et se trouver irritées par le passage des selles, en provoquant parfois des saignements. Les paquets d’hémorroïdes peuvent parfois même atteindre l’extérieur et, lorsqu’elles se dilatent trop, conduire à la formation d’un caillot qui provoque une douleur violente : c’est la crise hémorroïdaire, qui peut durer plusieurs jours.
De nombreux facteurs peuvent favoriser l’apparition de la maladie hémorroïdaire, mais l’accouchement et les troubles du transit sont responsables de la très grande majorité des cas. La poussée excessive pour expulser les selles est néfaste, ce qui met la constipation, en raison de l’effort à fournir, au premier rang des facteurs de risque. Lorsqu’ils sont provoqués par les poussées lors de l’accouchement, ils sont le plus souvent temporaires. Le relâchement des tissus de soutien des hémorroïdes joue un rôle important. Il se produit naturellement avec l’âge.
Le diagnostic ne peut se faire que par l’examen de l’anus avec un toucher rectal ou l’observation par un simple anuscope. Il s’agit d’un examen gênant, pour le médecin et pour le patient, mais que l’un et l’autre doivent exiger. La présence de sang dans les selles doit ainsi toujours conduire à consulter. Lorsque le diagnostic est confirmé, la régulation du transit constitue le coeur du traitement: augmenter la quantité de fibres dans son alimentation en consommant plus de fruits et de légumes, aussi bien crus que cuits, et boire suffisamment d’eau sont des parades indispensables. L’activité physique, même modérée mais régulière, favorise également un transit harmonieux. En cas de constipation rebelle, il est possible d’utiliser des laxatifs doux ou d’augmenter la proportion de fibres par des compléments alimentaires spécifiques. Ces mesures sont suffisantes dans 40 % des cas.
Signe d’un cancer du côlon
« Les hémorroïdes ne constituent pas une maladie grave, elles ne peuvent pas devenir cancéreuses », expliquent les médecins. Ils font ainsi ressortir qu’un saignement quel qu’il soit, abondant ou non, rouge ou moins rouge, avant ou après la selle, à l’essuyage ou pas, peut être le signe d’un cancer du côlon. Or, par peur d’en parler, il est fréquent de conclure à une maladie hémorroïdaire en cas de saignement, alors que cela peut être bien plus grave. C’est la raison pour laquelle, si vous constatez des saignements, il faut consulter impérativement un médecin.
Certains aliments peuvent les favoriser
Il faut par ailleurs retenir que bien souvent les régimes alimentaires ne sont pas les meilleurs amis de notre transit intestinal. Ils peuvent être, selon les cas, à l’origine de constipation ou de diarrhées. Or, ces troubles peuvent déclencher des crises ou faire évoluer une maladie hémorroïdaire préexistante. C’est pourquoi il faut veiller à manger équilibré afin de protéger votre transit. Il faut de même boire suffisamment d’eau.
La chirurgie en dernier recours
Spontanément, une crise douloureuse s’améliore d’elle-même. Mais s’il existe une maladie hémorroïdaire très évoluée, des traitements simples et indolores existent. En cas de crise, les traitements locaux comme les crèmes et les suppositoires peuvent apporter un soulagement. Les antalgiques et certains anti-inflammatoires doivent être utilisés pour lutter contre la douleur. Ces traitements n’ont cependant aucun effet pour prévenir l’apparition de nouveaux troubles si les règles hygiéno-diététiques ne suffisent pas. Lorsque la maladie hémorroïdaire est plus avancée, le médecin pourra recommander une intervention directe dans de rares cas. La pratique du médecin, qui obtient de meilleurs résultats avec les techniques qui lui sont habituelles, est également un facteur important. Il proposera en premier lieu des techniques instrumentales qui visent à corriger l’affaissement des tissus. Dans une petite proportion des cas les plus graves (entre 3 à 8 % des patients qui consultent pour des troubles hémorroïdaires), la chirurgie sera nécessaire pour retirer tout ou une par des hémorroïdes. Parmi les chirurgies pratiquées : l’ablation totale ou partielle des hémorroïdes externes ou internes, appelée aussi « hémorroidectomie »; la ligature des artères hémorroïdaires après un repérage par doppler afin de limiter l’irrigation sanguine ; l’opération de Longo, qui consiste à les remettre en place avec un agrafage interne en les remontant dans le canal anal.