« Les risques de complications cardio-vasculaires et de mort subite sont 20 fois plus élevés chez les patients souffrant de maladies chroniques du rein », affirme le Pr Alan Jardine, directeur de l’école de médecine de l’Institut des Sciences cardiovasculaires et médicales de l’université britannique de Glasgow. Lors d’une conférence à l’Université de Maurice hier, il a indiqué que « les risques cardio-vasculaires et de mort subite augmentent anormalement chez les patients en dialyse ».
Professeur clinique de médecine rénale, le Pr Jardine dirige le groupe de recherche de l’université de Glasgow et a supervisé une douzaine d’études sur les complications à long terme chez les patients en dialyse et au stade terminal de l’insuffisance rénale. Il a été invité à Maurice par le Premier ministre Navin Ramgoolam, et son séjour à Maurice coïncide avec la semaine du rein initiée par le ministère de la Santé. Le PM, qui devait être le Chief Guest de cette conférence médicale, s’est fait excuser au dernier moment par le ministre de la Santé Lormus Bundhoo en raison d’un programme chargé en ce jeudi après-midi.
La maladie chronique rénale est de plus en plus reconnue comme un facteur de risque de pathologie cardio-vasculaire précoce. Chez les patients en dialyse au stade terminal de l’insuffisance rénale, le risque est encore plus élevé, explique le Pr Jardine. Il a fait part à l’assistance composée en majeure partie du corps médical de deux études réalisées à Glasgow sur la fonction cardiaque et vasculaire chez les patients souffrant d’insuffisance rénale. « Les risques cardio-vasculaires conventionnels tels que le diabète, l’hypertension, le tabagisme et l’excès de graisses sont accentués chez les patients souffrant de maladie rénale chronique », indique le Pr Jardine. Ainsi, les décès prématurés dus à des complications cardio-vasculaires sont la cause la plus commune de mortalité et de morbidité chez ces patients, dit-il. Interrogé par un patient en traitement de dialyse, le Pr Jardine s’est prononcé pour davantage de dialyses chez les malades la nuit et même à domicile, ce qui implique un coût substantiel pour les États. Le Dr Keyvoobalan Pauvaday, Director General des Health Services au ministère de la Santé, a indiqué pour sa part que 1 056 patients souffrant d’insuffisance rénale font des dialyses dans toute l’île.