Le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, met en garde la population contre le diabète qui, martèle-t-il, est « la mère de toutes les maladies ». « Une fois que vous avez le diabète, si vous ne faites rien et ne le contrôlez pas, ne prenez aucune précaution, cette maladie vous détruira petit à petit kouma karya », a-t-il affirmé, hier, lors du lancement d’une campagne nationale contre le diabète par le MACOSS à la mairie de Port-Louis.
Bien que Maurice ne figure plus sur la liste des dix premiers pays au monde affectés par le diabète, le ministre estime qu’il y a encore du travail à faire pour le faire reculer. « Si on ne fait rien, le diabète va ronger votre corps, s’attaquera à vos yeux, à votre coeur, à vos reins, entre autres. Savez-vous qu’un millier de personnes sont sous dialyse actuellement dans les hôpitaux et plusieurs centaines subissent des amputations de leurs jambes. Tout cela parce qu’on ne contrôle pas cette maladie », déclare le ministre. D’où son appel pour que toutes les parties concernées aident à la mise en place d’une “armée” pour mener bataille contre le diabète « tout comme nous l’avons fait contre les risques d’une explosion démographique à Maurice dans les années 60 et 70 ».
Pour Lormus Bundhoo, la civilisation a changé mais les problèmes restent les mêmes. « Nous avons le même combat à mener comme dans les années 60 et 70 », dit-il. Il fait ressortir qu’à cette époque, il y avait un grand risque d’explosion démographique. Ce qui a amené le gouvernement de l’époque à créer la Mauritius Family Planning Association (MFPA) pour pouvoir contrôler la démographie galopante. Au cas contraire, Maurice serait devenue aujourd’hui le pays à la plus forte densité de population au monde avec 2,6 millions d’habitants, contre 1,3 million aujourd’hui, ajoute-t-il. Il rappelle la création d’une cellule de motivators par la MFPA qui allait de maison en maison pour sensibiliser les couples sur la nécessité du planning familial en leur parlant des bénéfices sanitaires et économiques.
Le ministre rappelle aussi que les centres de santé, les dispensaires et autres médicliniques existent en grand nombre à travers le pays. Il y a au moins un centre de santé dans un espace de moins de trois km. « Malgré cela, nous devons nous rendre chez les gens pour qu’ils prennent soin de leur santé, surtout par rapport aux maladies non-transmissibles telles le diabète ».
Pour sa part, Rani Balloo, présidente du comité des jeunes et de la santé au sein du MACOSS, rappelle que le diabète affecte tout le monde, jeunes, vieux et enfants. « Nous devons renverser la tendance prise par cette maladie et cela ne peut être fait par le gouvernement tout seul mais grâce à la collaboration de toutes les parties », estime-t-elle. Mme Balloo appelle la population à prendre une résolution sérieuse en disant « non au diabète ».