Amateur de viande rouge, mauvaise nouvelle. Si on connaissait les effets de cet aliment sur les problèmes de gouttes, il s’avère que « manger de la viande rouge accroît les risques de mourir prématurément d’un cancer ou d’une maladie cardiaque ». C’est ce que démontre une nouvelle étude de longue haleine publiée en ligne cette semaine par la Harvard School of Public Health. Les chercheurs américains soutiennent qu’une portion quotidienne de viande rouge (viande de boeuf, de porc ou d’agneau) de la taille d’un jeu de cartes, accroît les risques de décès prématuré de 13%. Une portion quotidienne de viande rouge transformée, soit l’équivalent de deux tranches de bacon ou d’un hot dog, accroît les risques de 20%.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont passé en revue les données relatives à 120 000 hommes et femmes. Le régime alimentaire des participants a été évalué tous les 4 ans, sur une période de 28 ans. Environ un cinquième d’entre eux sont décédés des suites d’un cancer ou d’une maladie cardiovasculaire, soit respectivement 5, 910 et 9, 464 personnes, révèle l’étude. Manger n’importe quel type de viande rouge augmente de manière significative le risque de mort prématurée, soulignent les chercheurs, ajoutant que contrairement à leur hypothèse de départ, la viande transformée n’est pas la seule responsable. Les coupables sont aussi certains ingrédients présents dans la viande rouge, comme les gras saturés, le sel, les nitrites, de même que les substances cancérigènes qui se forment durant le processus de cuisson.
Le Los Angeles Times fait ressortir que manger un steak de 85 grammes, soit à peu près la taille d’un paquet de cartes, tous les jours a augmenté les chances de mourir pendant l’étude de 13%. Remplacer le steak par de la viande transformée, comme un hot-dog ou deux tranches de bacon, fait grimper ce risque à 20%. Ainsi, si la viande rouge est depuis longtemps associée à un risque accru de cancer, de diabète et de maladies cardio-vasculaires, le site CNN souligne lui que l’étude, qui a suivi 110, 000 adultes pendant plus de 20 ans, est la première à montrer que ne plus en manger du tout peut rallonger l’espérance de vie. En remplaçant une portion de viande rouge par une portion de « bonnes » protéines, il est possible de réduire les risques. A titre d’exemple, manger une portion de noix au lieu de boeuf ou de porc fait baisser de 19% le risque de mourir pendant l’étude. Le poulet ou les céréales complètes font baisser le risque de mortalité de 14%. Le taux décroît de 7 % pour une portion de poisson, de 14% pour la volaille, de 10% pour les légumes et les produits laitiers faibles en gras et de 14% pour les grains entiers.
Bien que la viande rouge ait été montrée du doigt par le passé pour les problèmes de santé qu’elle peut entraîner, c’est la première fois qu’une étude met en évidence son lien avec la mortalité. Selon le journal, au moins un chercheur – qui n’a pas participé à l’étude – a remis en question les résultats car selon lui, il y a beaucoup d’erreurs potentielles dans la manière dont les questionnaires alimentaires ont été récoltés au cours des années. Néanmoins, les chercheurs d’Harvard maintiennent leurs conclusions et affirment que la viande rouge ne peut pas être bonne pour la santé humaine, dans quelque quantité que ce soit. L’auteur principal de l’étude recommande lui que « si vous voulez manger de la viande rouge, mangez des viandes non transformées, et limitez votre consommation à deux à trois portions par semaine. Cela aurait un énorme impact sur la santé publique. »