Le thème retenu cette année pour commémorer la Journée mondiale de la santé mentale est la dépression. Bien que pris à la légère, ce mal prend aujourd’hui de l’ampleur à tel point que selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2030, la dépression sera la première cause de décès dans le monde. Ce phénomène bien présente à Maurice comme ailleurs a fait l’objet d’un symposium samedi regroupant des psychiatres et des associations oeuvrant dans ce domaine. L’objectif de cette rencontre était d’informer ceux concernés et le public en général sur les causes et traitements de ce trouble mental. Si de nombreux facteurs expliquent la dépression, selon les spécialistes, c’est toutefois une maladie qui se soigne et qui guérit.
Maladie psychique la plus répandue, la dépression est pourtant mal connue. Cependant, détecter et diagnostiquer ce mal, qui peut souvent être une simple déprime passagère ou une véritable dépression, demeure une tâche difficile pour les psychiatres. « Il n’y a aucun test pour détecter la dépression. On arrive à reconnaître une personne qui en est atteinte simplement si en étant à son écoute l’on remarque chez elle un changement de comportement persistant », soutient le Dr Jagutpal, psychiatre à l’hôpital Jawaharlal Nehru à Rose-Belle. La dépression est ainsi définie comme une maladie psychique se manifestant par une tristesse, une perte d’intérêt et d’estime de soi. C’est une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir et peut même avoir une conséquence fatale, certains se laissant souvent gagnés par des tendances suicidaires.
Selon les chiffres de l’OMS, l’on compte chaque année environ un million de décès dans le monde dus au suicide à cause de la dépression. Ces chiffres, indique-t-on, représentent de plus en plus un défi pour plusieurs pays car ce phénomène a aussi des conséquences économiques et sociales considérables.
De nombreux facteurs expliquent que la dépression est une maladie comme une autre et pour laquelle des traitements existent. « C’est une maladie qui se soigne et qui guérit à 100 % », indique le Dr Jagutpal, qui nous éclaire davantage à ce sujet. Le fait de se sentir triste, d’être déprimé par moment ne veut pas forcément dire que l’on souffre de dépression. Ce sont des conditions psychologiques qui font partie de la vie de tout un chacun. Cependant, au fil du temps si elles ne sont pas prises au sérieux, elles peuvent engendrer des complications plus sérieuses. D’où l’importance, souligne le Dr Jagutpal, de pouvoir identifier et faire la distinction entre les personnes qui ont des sautes d’humeur passagères et celles qui se laissent petit à petit ronger par des idées noires. Pour pouvoir parler de dépression, et donc de maladie, fait ressortir le psychiatre, il faut que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées ; qu’elles se manifestent de façon permanente pendant une période supérieure à deux semaines. Les symptômes sont généralement, des difficultés à s’adonner normalement à ses activités quotidiennes, une perte de l’estime de soi, une performance réduite que ce soit à l’école ou au travail, l’alcool, et souvent des termes typiques utilisés par ces personnes tels que, « latet fatige » ou « monn perdi gou ar lavi ».