Lors d’une conférence de presse aujourd’hui, la Ministry of Health Employees Union (MOHEU) a condamné le récent acte de violence à l’encontre d’un médecin à l’hôpital du Nord. Selon le président du syndicat, Amaljeet Seetohul, « les agressions sont devenues le lot quotidien du personnel hospitalier ». Il a énuméré plusieurs facteurs responsables de gestes de violence de la part des patients et de leurs proches. Toutefois, selon lui, en dépit des doléances transmises au ministre de la Santé, celui-ci « se base sur les statistiques pour dire que la situation n’est pas sérieuse. Mais, nous ne pouvons quantifier la souffrance d’une victime de violence ».
Les récents cas de violence physique et verbale à l’encontre d’un médecin et d’une health care assistant ont été la goutte de trop pour les représentants de la MOHEU. « Nous condamnons ces actes de violence. Dans le deuxième cas, l’employée a été traitée de prostituée ». Selon le porte-parole de la MOHEU, une victime de violence « subit une humiliation. Il est affecté mentalement et physiquement. Il peut être privé d’un oeil et être forcé à la retraite. Le personnel hospitalier travaille aujourd’hui dans une atmosphère de frayeur extrême. Il est intéressant aussi de noter que bon nombre du personnel hospitalier aujourd’hui souffrent de diabète et d’hypertension dont l’une des causes est le stress ». C’est pourquoi, selon Amaljeet Seetohul, « nous avons demandé, lors d’une de nos réunions de négociation, une carte de santé afin d’essayer de cerner l’origine de ces soucis de santé. Et, nous devons aussi connaître les causes de ces violences », dit-il. Selon la MOHEU, il en existe plusieurs causes. D’abord, l’hôpital est ouvert à tous, dont les toxicomanes. « C’est une zone à risques. Les toxicomanes sont impatients et à n’importe quel moment ils peuvent déclencher une violence. Nous avons appris que l’auteur de l’acte de violence sur le médecin était sous l’influence de l’alcool ». Si le gouvernement, dans le passé, a investi des millions de roupies dans l’installation de caméras de surveillance dans les hôpitaux, le président de la MOHEU déplore fortement que « ces appareils se trouvent dans le bureau du directeur. Mais, le directeur n’a aucune compétence en la matière. Il aurait fallu une « Monitoring Control Room » pour une bonne gestion des données. Même les représentants de sécurité n’ont souvent pas de formation et ne sont de fait pas prêts à intervenir dans des situations de violence. Le nombre de policiers dans les hôpitaux n’est pas suffisant. Ce sont davantage des personnes formées en gestion qui s’occupent des hôpitaux et non des médecins ».
La MOHEU déplore par ailleurs un « manque accru de personnel. Depuis 2014, le Budget avait prévu 400 recrutements, mais à 2015, il n’y a eu aucun recrutement. Il est clair que la situation de violence va empirer par manque de personnel. Les patients sont las d’attendre. Nous avons déjà proposé une solution à ce problème : rehausser le niveau des Health Care Assistants en leur donnant une formation de Licence Practice Nurse, ce qui comblerait le manque d’infirmiers ».
Un des facteurs clés, selon Amaljeet Seetohul, dans la prévention de la violence, est le « customer care ». « Ce sont ces personnes qui guident les patients ». Il déplore la situation à l’hôpital de Moka où les patients qui viennent sur rendez-vous et ceux qui viennent pour la première fois sont tous accueillis dans une seule et même grande salle. « Souvent, les nouveaux patients se perdent et n’entendent pas leur nom quand on les appelle. Ils deviennent alors violents. Il faudrait séparer les différents types de patients et installer des haut-parleurs ». Autre problème comparable : le département ECG pour les patients souffrant de problèmes cardiovasculaires se trouve dans un département éloigné de celui des urgences. « Le patient doit marcher une longue distance pour faire ce test ». Autre facteur susceptible de déclencher des situations de violence : la traçabilité des dossiers. « Souvent les dossiers des patients se perdent. Il faudrait informatiser le système ». La MOHEU avance que « lorsque le ministre nous a invités pour une réunion, il nous empêche de parler. Si la situation continue, cela causerait du tort au personnel hospitalier ». Et d’ajouter que la MOHEU travaille de concert avec d’autres syndicats pour « décider de la marche à suivre en vue de trouver une solution à ce problème de violence ».