Le rapport du National Health Accounts pour 2015, rendu public aujourd’hui, révèle qu’une somme totale de Rs 21 milliards a été déboursée par l’État et le secteur privé pour leurs services de santé respectifs. Le privé devance le service public avec des dépenses de Rs 11 milliards. Lors de la présentation de ce rapport ce matin, le Dr Laurent Musango, représentant de l’OMS à Maurice, a souligné que les Mauriciens déboursent un montant élevé pour se faire soigner dans le privé alors que le service de santé est gratuit dans le pays. Il explique ce « paradoxe » en observant qu’« il y a peut-être quelque chose qui manque en termes de qualité ou disponibilité dans les services de santé publics, et il faut y remédier ». Il appelle les autorités à prendre en compte les recommandations du rapport.
Ce rapport du National Health Accounts 2015 a été lancé ce matin à l’Hôtel Labourdonnais en présence des responsables des divers services de la Santé public et des stakeholders du privé et révèle les dépenses pour la République de Maurice en matière de santé.
En 2015, 72.8% de la population ont obtenu des traitements dans le service public et 27.2% des Mauriciens se sont dirigés vers les soins du privé. Il y a eu 4,5 millions d’attendance dans les hôpitaux et les autres points de santé publics à travers l’île, dont 1,5 million de personnes se sont présentées aux services d’urgences. Quelques autres chiffres relatifs aux traitements donnés dans le public : 50 000 opérations entreprises ; 15 000 CT scans ; 3 630 MRI et 9 900 000 pathological tests effectués. Pour leur part, les 19 cliniques privées opérationnelles ont accueilli un total de 227 954 patients.
Selon le représentant du ministère de la Santé, il y aura une augmentation de 5.3 % pour le global amount of expenditure dans le monde en 2018 et le coût total passera à USD 9 300 Mds.
Le représentant de l’OMS a aussi attiré l’attention ce matin sur la faible somme d’argent destinée à la prévention des maladies non transmissibles, alors que la prévalence de celle-ci est très élevée. « The funds on prevention is very low compared to the problem of the Non Communicable diseases which also occupies the first level of burden of diseases in Mauritius. The evidence of this report need to be used to adjust the distribution of available funds ».
Le Dr Musango a lancé un appel aux ministères de la Santé et des Finances ainsi qu’à tous les stakeholders de la Santé d’utiliser les données de ce rapport « to advocate for change and take the urgently needed decisions regarding public policies, strategies and reforms » et de prendre aussi en considération les recommandations qui y figurent.
Le représentant du ministère de la Santé a rassuré le représentant de l’OMS que le gouvernement est « soucieux de la qualité des services offerts aux Mauriciens », en mentionnant les mesures déjà prises ces dernières années et les projets qui seront réalisés dans un proche avenir dans cette direction. Il a donné l’assurance que les recommandations de ce rapport ne seront pas ignorées. Cependant, il a fait remarquer qu’étant dans une économie de marché, on ne peut dicter le choix aux patients d’aller à l’hôpital ou dans le secteur privé.