À en croire les résultats d’une étude publiée dans le British Medical Journal, relever ses plats de saveurs ravit les papilles… mais aussi l’espérance de vie. Les adeptes des plats épicés se porteraient mieux que les non-adeptes, soutiennent des chercheurs américains et chinois qui ont effectué des recherches démontrant que manger épicé permettrait de vivre plus longtemps. Selon cette étude, les consommateurs réguliers de piment ont 14% de chance en moins de décéder prématurément que ceux qui mangent épicé moins d’une fois par semaine. En gros, le piment permet de vivre plus longtemps.
Si de précédentes études avaient mis en avant le rôle de la capsaïcine — un composant du piment rouge qui agit comme coupe-faim, antioxydant et anti-inflammatoire, mais dispose également de propriétés anticancéreuses, l’étude menée par le Pr Lu Qi (Harvard Medical School, Boston) et le Pr Jun Lv (Université de Pékin) s’est attardée sur la réduction des risques de mortalité avec la consommation du piment.
Ils ont travaillé à partir d’un groupe de 487 375 Chinois qui ont eu à répondre à un questionnaire portant sur leur état de santé général et leurs habitudes alimentaires. Les participants ont été ensuite suivis pendant 7 ans. A la fin de l’étude, 20 224 décès ont été constatés.
Selon les chercheurs, le risque de décès était diminué de 10% parmi ceux qui mangeaient des aliments épicés, en l’occurrence du piment, au moins 2 fois par semaine, comparés aux personnes qui en consommaient moins d’une fois. Ce chiffre est même monté à 14% chez les fervents amateurs qui se régalaient 3 à 7 fois par semaine de mets épicés, disent les scientifiques.
Ils préviennent néanmoins qu’il s’agit d’une étude observationnelle à partir de laquelle il est scientifiquement difficile de tirer des conclusions définitives. Ils estiment donc nécessaire de poursuivre les recherches dans ce domaine. D’autres spécialistes de nutrition et d’épidémiologie s’interrogent par ailleurs sur le lien entre les boissons tel que l’eau et le thé, consommés en plus grande quantité par ceux qui mangent plus de piment et la longévité. « On ne sait pas si les corrélations observées sont le résultat direct de la consommation de piment ou bien découlent simplement d’autres éléments positifs dans l’alimentation qui n’ont pas été mesurés », disent-ils.