« Light », « léger », « silhouette » ou « minceur »… Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver parmi ces adjectifs tant les produits allégés envahissent les rayons des supermarchés. Nombreux sommes-nous à nous rabattre allègrement sur ces produits, d’autant que s’ils vantent une alimentation plus « saine », « diet », « minceur », ils ont aujourd’hui pris une place importante dans le mode de vie de certains Mauriciens, principalement en raison de l’obésité et des maladies associées qui ont pris une proportion inquiétante dans notre société. Ainsi, malgré leur prix élevé, les produits dits « light » : laits, yaourts, biscuits, fromages, plats cuisinés ou boissons…, se multiplient à l’infini. Sont-ils nettement moins caloriques que les produits classiques? Permettent-ils de maigrir? Sont-ils bons ou mauvais pour la santé? Et comment les utiliser à bon escient? Réponses avec la nutritionniste Lavanya Sunassy-Pather.
Pour perdre les kilos accumulés pendant l’hiver, on envisage régime et achat de produits allégés pour, pense-t-on, plus d’efficacité. Apparus il y a une cinquantaine d’années dans les supermarchés, à commencer par le lait, ces produits, qui se déclinent de plus en plus, associés à une alimentation saine — synonyme de plaisir et ligne — sont en effet mis en avant dans les régimes amincissants. Le choix devient vite difficile quand il s’agit d’en acheter, les uns vantant plus de mérites que les autres. Pourquoi sont-ils allégés? De quoi sont-ils composés en particulier? Les interrogations sont nombreuses. « Pour se retrouver parmi la palette de produits allégés proposée, il faut d’abord comprendre ce que signifient les termes descriptifs obligatoires sur les packagings », explique Lavanya Sunassy-Pather. Pour qu’un produit light soit commercialisé, il doit clairement afficher sur son étiquette en quoi il est allégé. Sur les packagings, les messages marketings sont bien souvent frappants et aguicheurs : des silhouettes au top, des « 0% » affichés de tous les côtés ainsi qu’une multitude de slogans plus ou moins féeriques. Or, la réalité du produit est parfois différente de ce que l’on pense, à la fois dans ses promesses nutritionnelles que dans l’utilisation que l’on peut en faire.
C’est pourquoi, pour vérifier de quoi est composé un produit, et à quel niveau il contient les ingrédients mis en valeur, il n’y a rien de mieux que la lecture des étiquettes. Il s’agit plus particulièrement de s’arrêter sur l’étiquette nutritionnelle, qui donne la composition en nutriments du produit pour 100 g (elle existe aussi par portion, mais mieux vaut choisir celle pour 100 g, qui permet de mieux comparer deux produits entre eux). Il faut lui ajouter la lecture de la liste des ingrédients, énoncés par ordre décroissant.
Critères
Pour qu’un produit soit qualifié de « light », il existe plusieurs critères à prendre en compte, dit Lavanya Sunassy-Pather. « Le produit doit être réduit de 25 à 30% d’un nutriment ou de calories par rapport au produit de référence », explique-t-elle. Aussi, les nutriments plus souvent réduits sont le sucre, la matière grasse ou les deux à la fois. On peut aussi trouver des produits allégés en sel, ajoute-t-elle, indiquant que les produits light sont supposés contrôler l’apport en glucides et hydrates de carbone, deux éléments qui contribuent à la prise de poids. « Lorsqu’un produit est catégorisé comme light, cela implique que la quantité de sucre ou de matières grasses a été réduite », rappelle la nutritionniste, faisant ressortir que le sucre est ainsi, souvent remplacé par des édulcorants. « Les matières grasses sont aussi remplacées par des sucres, des amidons ou même des gélifiants pour rendre le produit comestible et garder la même texture », rappelle-t-elle.
C’est la raison pour laquelle, en décryptant la composition nutritionnelle d’un quelconque produit light, il faut comprendre les informations fournies par les termes descriptifs. A titre d’indication:
Allégé en sucre : Le produit doit être réduit de 25-30% de sucre par rapport produit normal. Sans sucre : Le produit contient moins de 0.5g de sucre pour chaque 100g de produit. Les édulcorants sont souvent utilisés dans de tels produits. Faible teneur en sucre : Le produit contient moins de 5g de sucre pour chaque 100g de produit. Sans sucre ajouté : Le produit ne contient pas de sucrose, de saccharose, de miel, ou de glucose ajouté durant la production. Mais le produit contient tout de même des sucres naturels. Les jus en brique, par exemple, ne contiennent pas de sucrose ajouté, mais contiennent du fructose naturellement présent dans les fruits utilisés. « Allégé » ou « à faible teneur en matière grasse » : Le produit contient moins de 25% de matière grasse que le produit naturel. Néanmoins, il peut aussi contenir des amidons pour remplacer la matière grasse.
Effet de halo
Si les repères ci-dessus permettent de mieux se retrouver pour effectuer ses achats, encore faut-il que les produits achetés aient une réelle efficacité. En effet, certains produits allégés ne le sont… pas vraiment. Les formulations sur les produits allégés créent souvent ce qu’on appelle un « effet de halo » chez le consommateur. Il a pour but de faire croire que le produit contient moins de calories, car sous couvert de vouloir diminuer les taux de matières grasses ou de sucres, on leur rajoute des additifs ou d’autres nutriments qui finissent pas faire remonter la balance calorique. « 0% de sucres ou de matières grasses dans un produit ne veut pas dire qu’il contient 0% de calories », explique la nutritionniste. Et de faire ressortir que d’après le Centre d’études et de documentation du sucre (CEDUS), basé en France, aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité des produits allégés contre le surpoids et l’obésité. « Les chips, boissons gazeuses, les sauces allégées contiennent moins de sucre ou de matière grasse que leur produit de référence », dit-elle, ajoutant qu’ils ne sont pas pour autant des « Healthy Foods » car certains demeurent riches en calories. « Comme déjà mentionné, le sucre peut être remplacé par des édulcorants ou de la matière grasse. Les produits sont donc allégés en sucre, mais riches en lipides. Ils contiennent aussi des additifs qui n’ont aucun apport nutritionnel et peuvent être nocifs pour notre santé », dit-elle. Autre exemple : les chips « allégées » qui restent très caloriques, ou encore, les produits laitiers, les biscuits, les céréales, les sauces…
Faut-il éviter?
« Malheureusement, certains consommateurs sont trop souvent aveuglés par le light. Un sachet de biscuits ou du beurre allégés en matières grasses reste toujours caloriques. Il ne faut donc pas en abuser », dit la nutritionniste mettant en garde contre « l’effet rebond » qui consiste à consommer plus d’un produit sous prétexte qu’il est allégé… Ainsi, s’il est important de lire les étiquettes, tout ne se joue pas non plus sur les étiquettes. Le comportement alimentaire de l’acheteur de produit allégé rentre aussi en compte. Consommer des produits allégés de temps en temps, parce qu’on aime leur goût et qu’ils participent au plaisir de manger est tout à fait acceptable. Il faut cependant bien les choisir, en restant vigilant sur leur composition et privilégier ceux qui ont le moins d’additifs possible. Il convient surtout de ne pas oublier que pour une perte de poids sainement et une bonne santé, le secret demeure une alimentation équilibrée et des exercices au quotidien.