La santé publique se détériore. C’est ce qu’estime la Nursing Association (NA) qui impute cette situation aux nombreux manquements prévalant dans les différents départements des hôpitaux publics. Et c’est principalement en raison du manque de considération du ministère de la Santé pour le personnel soignant que la situation se dégrade, dit le président de ce syndicat, Bagooaduth Kalloa. Afin d’alerter l’opinion publique et souligner, une nouvelle fois, ses griefs au ministère de la Santé, le syndicat a tenu, la semaine dernière, une manifestation pacifique. L’occasion également de déplorer la disparité des traitements entre infirmiers et médecins. Dénonciations qui soulèvent le mécontentement du syndicat des médecins, qui estime la démarche de la NA déplacée et visant à créer un malaise entre infirmiers et médecins.
La NA en a assez des grands discours. « A chaque fois, ce sont de belles paroles, des promesses. Mais dans la réalité, rien de concret », dit Bagooaduth Kalloa. Fatigués d’attendre une reconnaissance de leur service et des actions concrètes, les infirmiers regroupés au sein de la NA sont passés à une autre étape pour faire monter la pression. Ils ont pacifiquement  protesté contre leurs conditions de travail et le manque de considération de la Santé à l’égard des infirmiers et des aide-soignants devant l’hôpital Jeetoo à Port-Louis, mercredi dernier, demandant au ministre de tutelle d’assumer ses responsabilités.
Cela fait trois ans que le syndicat dénonce les mêmes lacunes et attire l’attention du ministère sur les manquements au sein du secteur de la Santé pour le bon fonctionnement de tous les départements, dit le président de la NA. Les nombreuses rencontres avec le ministre Lormus Bundhoo sont infructueuses, soutient-il. Autant que les discours du ministre lors des fonctions relatives aux infirmiers. « Il y a toujours de belles paroles avec le ministre. Il nous dit tout le temps que ceci ou cela sera fait mais au final, nous sommes laissés pour compte », dit Bagooaduth Kalloa. « Nous constatons que les discours de Lormus Bundhoo ne sont, la plupart du temps, que des effets d’annonce », ajoute-t-il.
Sur la liste des doléances de la NA: les conditions de travail inadéquates; les dysfonctionnements du système sanitaire et l’absence de toilettes; la restriction d’accès aux salles de repos; les heures de travail exagérées ainsi que certaines tâches auxquelles doivent s’adonner les infirmiers alors que cela ne figure pas sur les Scheme of Service; les allocations impayées; la distribution de médicaments dans les hôpitaux; l’enregistrement des patients; les réparations de structures dans les hôpitaux… Cette première manifestation pacifique devant l’hôpital Jeetoo n’est pas anodine. Elle serait symbolique, indique la NA, faisant ressortir que « le ministère soutient que les structures hospitalières sont anciennes, c’est pourquoi il existe un manque de facilités pour le personnel, principalement les infirmiers. » Or, selon la NA, à l’hôpital Jeetoo, la resting room destinée aux infirmiers a été déplacée et est utilisée à d’autres fins et les infirmiers se retrouvent sans aucun lieu pour se reposer.