Nouvelles zones de turbulences à prévoir au sein des centres hospitaliers publics. Et avec cela, une accentuation des relations déjà tendues entre le ministère de la Santé et le personnel médical. En cause, l’annonce de l’entrée en vigueur du « shift system » dans tous les départements des hôpitaux à compter du 1er août. Lors d’une conférence de presse, vendredi, les dirigeants du syndicat des généralistes et celui des spécialistes, soutenus par les responsables de leurs fédérations syndicales, n’y sont pas allés de main morte envers les responsables du ministère. Selon eux, le ministère serait « en train d’induire la population en erreur » en affirmant que les nouveaux horaires de travail sont dans l’intérêt des patients. Or, disent-ils, « les médecins en général ne sont pas convaincus du bien-fondé du nouveau système ».
« La nouvelle formule aura un impact négatif sur le déroulement du service au détriment des patients, et ce sont les patients qui seront pénalisés », explique à cet effet le Dr Devinesh Sewsurn, le président de la Medical Health Officers Association (MHOA). Il affirme que le ministère aurait pris l’engagement, lors d’une réunion le 12 juin dernier, de ne pas étendre la formule du shift system à tous les services des hôpitaux aussi longtemps qu’il n’y aurait pas de consensus entre toutes les parties concernées sur cette question. C’est la raison pour laquelle, il avance que « la décision prise mardi dernier par le ministère serait en nette contradiction avec cet engagement. »
La MHOA a ainsi demandé au ministère, vendredi, de ne pas aller de l’avant avec sa décision, souhaitant rouvrir les négociations sur la mise en application du shift system ». Appel que le ministère a ignoré, note-t-elle. En unissant ses forces à celles de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA), ce syndicat souhaite contester la décision du shift system. C’est ainsi que les différentes associations syndicales organiseront une assemblée générale spéciale samedi prochain à l’auditorium du MGI pour discuter de la marche à suivre. Ils ont invité, disent-ils, le ministre de la Santé à être présent pour donner des explications à leurs membres sur sa conception du shift system. « Nou pe invite minis ou enn represantan so ministère vinn dir nou seki li konpran par shift system pou bann docter dan service hospitalier. »
Les deux syndicats de médecins veulent prendre connaissance du rapport sur la mise en pratique du shift system dans les casualties pendant une année. « Le ministère dit qu’il a fait une étude sur la mise en pratique du shift on pilot basis et qu’à partir de là, ils ont pris la décision d’étendre le système. À plusieurs reprises, nous avons demandé au ministère de nous communiquer ce document et on attend toujours. Eski ena vraiment enn rapor? », questionne le syndicat de la MHOA.
Naraindranath Gopee, président de la Fédération des employés du service civil, a fait une sortie contre les responsables du ministère qui, selon lui, prendraient des décisions « en ne connaissant pas la réalité du terrain. » Il n’a ménagé aucunement le ministre de la Santé dans ses critiques. « Si minis Husnoo pe rod enn confrontation à la Anil Gayan, li pou gagné. Mo pe met li en garde. Nou pa pou épargne li », a prévenu le dirigeant de cette fédération syndicale.